10 ans après les attentats les plus meurtriers de son histoire, la France commémore les victimes du 13 novembre 2015. Si le temps a passé, la menace, elle, n’a jamais complètement disparu selon la directrice générale de la sécurité intérieure (DGSI), Céline Berthon.
Alors que la France se prepare à rendre hommage aux 132 victimes des attentats du 13 novembre, les services de renseignement restent en état d’alerte. Invitée de RTL le 10 novembre 2025, Céline Berthon, patronne de la DGSI, appelle à la vigilance. « Nous n’avons pas de menace concrète identifiée pour cette semaine du 13 novembre, mais les prochains jours doivent constituer un moment de vigilance » a-t-elle martelé.
10 ans après la nuit d’horreur qui a plongé Paris dans la stupeur, «la menace existe encore » prévient-elle. Elle a toutefois changé de visage. « Il y a dix ans, nous avions des menaces projetées avec des commandos d’hommes entraînés en Syrie. Nous faisons aujourd’hui face à une menace endogène, celle de personnes déjà présentes sur notre territoire, séduites par l’idéologie mortifère de l’État islamique » a-t-elle expliqué.
Selon les chiffres de la DGSI, six projets d’attentats ont été déjoués en 2025, et trois attaques, dont deux mortelles, ont été recensées depuis janvier. Une vigilance accrue s’impose, d’autant que les attaques du Hamas le 7 octobre 2023 ont renforcé les tensions et ravivé la propagande djihadiste en Europe.
Les nouvelles formes du terrorisme : de la rue au numérique
La menace ne se limite plus aux armes ou aux explosifs. Le terrorisme moderne s’étend désormais aux écrans. Radicalisation en ligne, endoctrinement sur les réseaux sociaux et “terrorisme numérique” figurent parmi les nouveaux défis des services de sécurité.
Céline Berthon le reconnaît. Selon la directrice , « Depuis la résurgence du conflit israélo-palestinien, nous avons observé une hausse des menaces, notamment contre la communauté juive.» Près de la moitié des projets d’attentats déjoués depuis 2023 y seraient liés. Le ministre de l’Intérieur, Laurent Nuñez, l’a d’ailleurs confirmé : « La menace terroriste dans notre pays demeure très élevée.»
Aujourd’hui, les services de renseignement français surveillent trois principaux types de menaces : Le terrorisme islamiste, toujours actif dans des filières isolées ou en ligne,,le terrorisme d’ultra-droite et d’ultra-gauche, en progression selon Europol et le terrorisme numérique, nouvelle arme des extrémistes, qui utilisent Internet pour propager la haine, recruter, pirater ou désinformer. La radicalisation se propage par les vidéos, les forums, les discours haineux et la manipulation idéologique.
Souvenir d’une nuit d’horreur : le 13 novembre 2015
Tout avait commencé le vendredi 13 novembre 2015, à 21h20, lorsque trois kamikazes se font exploser près du Stade de France, à Saint-Denis, lors d’un match amical entre la France et l’Allemagne. Quelques minutes plus tard, la capitale s’embrase. Des hommes armés ouvrent le feu sur les terrasses des cafés Le Carillon, Le Petit Cambodge, La Belle Équipe, Casa Nostra et Le Comptoir Voltaire.
À 21h40, l’horreur atteint son paroxysme. Trois terroristes pénètrent dans la salle de concert du Bataclan, où se déroule un concert du groupe Eagles of Death Metal. Pendant plus de deux heures, ils tirent sur la foule. Le bilan final sera effroyable : 132 morts et plus de 400 blessés.
Les assaillants, parmi lesquels Salah Abdeslam, Abdelhamid Abaaoud, Bilal Hadfi, Ismaël Mostefaï et Samy Amimour, appartenaient à des cellules coordonnées de l’État islamique. Une complice présumée, Hasna Aït Boulahcen, avait servi d’intermédiaire avant d’être tuée lors de l’assaut de Saint-Denis le 18 novembre.
Dix ans plus tard, les cicatrices demeurent. Paris se souvient de cette nuit où le terrorisme a frappé en plein cœur. Et si les visages du mal ont changé, la France, elle, reste sur sa garde.
Ezéchiel Dagbégnon PADONOU