L’administration de Donald Trump a décidé de rappeler plusieurs dizaines de diplomates américains nommés sous la présidence de Joe Biden. Selon des informations confirmées par l’AFP, près de 30 pays sont concernés, avec un impact particulièrement marqué sur le continent africain.
C’est une décision inhabituelle dans la pratique diplomatique américaine. L’administration du président Donald Trump a ordonné le rappel anticipé d’une trentaine de diplomates, majoritairement nommés sous l’administration précédente de Joe Biden. Plusieurs ambassadeurs de carrière ont été informés par téléphone de la fin de leur mission, avec un départ exigé avant la mi-janvier, selon des sources concordantes.
Cette procédure a suscité des réactions au sein du corps diplomatique américain. L’American Foreign Service Association (AFSA), qui représente les employés du département d’État, a souligné le caractère peu courant de ces rappels anticipés, notamment lorsqu’ils concernent des diplomates de carrière et non des nominations purement politiques. Traditionnellement, ces derniers sont maintenus en poste afin d’assurer une continuité dans les relations bilatérales.
L’Afrique, principal continent touché
L’Afrique apparaît comme la région la plus affectée par cette décision. Pas moins de 15 pays africains sont concernés par le retrait de leurs ambassadeurs américains : le Burundi, le Cameroun, le Cap-Vert, le Gabon, la Côte d’Ivoire, Madagascar, Maurice, le Niger, le Nigeria, le Rwanda, le Sénégal, l’Algérie, l’Égypte, la Somalie et l’Ouganda.
Au-delà de l’Afrique, d’autres régions sont également concernées. En Asie, six pays sont touchés, dont les Philippines, le Vietnam et la Papouasie-Nouvelle-Guinée. En Europe, quatre États sont cités. L’Asie du Sud et centrale ainsi que l’hémisphère occidental enregistrent chacun plusieurs changements de chefs de mission diplomatique.
Réactions contrastées
La décision a suscité des réactions mitigées à Washington. Des parlementaires, notamment du camp démocrate, estiment que ce remaniement risque d’affaiblir l’influence américaine à l’étranger, en particulier dans un contexte de rivalité accrue avec la Chine et la Russie. Certains critiques ont parlé d’une « politisation excessive » de la diplomatie, soulignant que des diplomates de carrière sont traditionnellement choisis pour leur expertise plutôt que leur alignement politique.
À l’inverse, des partisans de Trump saluent l’initiative comme un moyen de « remettre de l’ordre » et de soutenir une ligne politique plus cohérente avec les engagements pris durant la campagne de 2024. Cette démarche s’inscrit dans sa doctrine « America First » qui signifie en français « l’Amérique d’abord ».
Cette vague de rappels intervient alors que le continent est au cœur de plusieurs enjeux stratégiques pour Washington, notamment en matière de sécurité, de coopération économique et d’influence géopolitique.
Ezéchiel Dagbégnon PADONOU