Conformément à l’article 72 de la Constitution, le Président de la République Patrice Talon a fait, ce mardi 23 décembre 2025 au Palais des Gouverneurs de Porto- Novo, son message sur l’état de la Nation. Le chef de l’Etat a rendu un hommage appuyé aux forces de défense et de Sécurité ; saluant leur loyauté et leur bravoure face à la tentative de déstabilisation survenue le dimanche 7 décembre 2025. Il n’a pas manqué de déclarer : «Aucune œuvre humaine n’est imparfaite. Nous corrigerons et ajusterons notre modèle au fil du temps…» Lire l’intégralité de son discours
Monsieur le Président de l’Assemblée Nationale,
Mesdames et Messieurs les membres du Bureau de l’Assemblée Nationale, Présidents de commissions et Présidents de groupes parlementaires,
Mesdames et Messieurs les députés,
Pour une dixième et dernière fois, j’ai l’honneur de vous présenter en votre qualité de représentant légitime du peuple béninois et délégataire de sa souveraineté en matière législative, mon appréciation de l’état de notre nation. 65 ans après notre accession à la souveraineté internationale, la nation béninoise, issue du regroupement des royaumes qui constituait jadis notre actuel territoire, s’est solidement constituée et son unité s’est renforcée.
La communauté nationale vit en bonne harmonie et aucune tension ethnique, religieuse ou sociale ne s’observe au point de constituer un risque pour la paix et la cohésion interne. L’intégrité du territoire national est préservée en dépit des agressions sécuritaires extérieures qui éprouvent nos forces de défense et de sécurité dans certaines localités frontalières. Mesdames et Messieurs les députés, je confirme ainsi que les fondamentaux constitutifs de la nation dont nous avons hérité sont bien préservés, voire renforcés. Pour le reste, qui relève de notre mission de construction au quotidien, en vue de l’amélioration constante des conditions de vie de nos concitoyens, l’état des lieux est aujourd’hui rassurant et prometteur, même si l’héritage n’était point confortable à l’entame de la décennie qui s’achève.
Mon souhait ce matin n’est pas de dresser, sur les dix dernières années qui s’achèvent, le bilan de notre action commune dans les différents domaines qui conditionnent notre développement économique et notre bien-être. Ce qui est important désormais pour nous, 205 ans après la prise en main de notre propre destin commun, c’est, à mon sens, la réponse aux questions qui nous seront posées après. Le Bénin a-t-il enfin trouvé la voie pour son développement ? A-t-il emprimé son progrès, de sorte à devenir lui aussi un pays développé, susceptible de se passer du lait du développement apporté par d’autres, et parfois avec mépris ? Est-il un pays où l’éducation nationale, la formation technique et professionnelle, la route, l’eau, l’électricité, l’emploi, la santé, le cadre de vie durable, saine et beau, la sécurité et la paix progressent chaque jour ? Est-il un pays qui ne fait plus honte à ses enfants, mais leur apporte plutôt fierté et espoir ? Un pays que d’autres admirent et envient ? Autrement dit, le Bénin est-il aujourd’hui un pays où tout s’améliore jour après jour, où l’espoir est désormais permis, de sorte que ce qui n’est pas encore acquis ne paraisse plus inaccessible ? Honorable député, représentant du peuple béninois tout entier, la réponse à cette question fondamentale est oui.
En effet, depuis bientôt dix ans, le Bénin a entamé sa mutation et les signes de notre progrès sont visibles par tous. Le miracle, c’est notre nouvel état d’esprit. Il nous fait opérer les changements les plus inespérés. Il nous fait progresser et chacun accepte désormais de consentir les sacrifices et les efforts nécessaires. Il nous rend admirables et suscite la jalousie de certains. Ce nouvel état d’esprit est le résultat du courage dont a fait preuve l’ensemble des responsables politiques en charge de notre commun destin depuis bientôt dix ans. Par ce courage, des réformes pertinentes jadis inespérées ont été opérées dans tous les domaines et ont été peu à peu appropriées par chacun pour devenir le fer de lance de nos prouesses.
Dans le domaine politique en particulier, nous pensions, à la sortie de la Conférence nationale, que la proclamation de l’état de droit, de la démocratie et de l’économie libérale suffirait pour faire de chaque acteur politique un responsable vertueux et un dirigeant compétent de bonne foi. Nous pensions que les acquis de la Conférence nationale suffiraient pour induire la bonne gouvernance et produire le développement, quelle que soit l’organisation et les règles, de la compétition politique. Hélas non. Bien que chacun ait constaté cette terrible réalité et souhaité haut et fort la revue du système politique partisan, la définition et la mise en œuvre d’une réforme politique sérieuse n’ont pas été aisées et continuent de nous éprouver. Aujourd’hui encore, il persiste en notre sein une certaine divergence sur les profondeurs qu’il reste à atteindre en cette matière pour mettre le Bénin définitivement à l’abri.
De notre travers, nous les acteurs politiques. Honorables députés, ma conviction est que un effort qui s’avère nécessaire mais qui est à moitié consenti est vain. C’est pour cela que nous avons raison d’aller au bout de la réforme de notre modèle politique pour l’adapter à nos réalités en vue d’asseoir durablement notre développement engagé.
Vous prenant à témoin, honorables députés, j’ai la conviction que les différentes réformes que nous avons opérées depuis, qu’il s’agisse de celles intervenues en 2018, 2019, 2024, jusqu’à la toute dernière, datant d’un mois à peine, nous permettrons véritablement et définitivement de mettre la démocratie au service du développement de nos concitoyens et non au service exclusif des acteurs politiques. Ainsi, diriger la nation béninoise ne doit plus être perçu comme un droit mais plutôt comme un devoir qui requiert de la disponibilité, de la vision, de la compétence et de l’abnégation. C’est pourquoi, de plus en plus, la démocratie se définit essentiellement chez nous au Bénin comme un facteur de développement et de promotion du bien-être citoyen. Elle n’est plus un prétexte de pagaille, de corruption et d’impunité. Au Bénin !
Au Bénin, désormais, il ne suffit plus d’être un harangueur de foule, un vendeur d’illusions, pour clamer acteur politique, pour s’emparer de notre destin commun, sans autre projet que celui d’enjouer tout seul avec ses partisans. Pour nous diriger au Bénin, nous protéger, assurer notre développement et notre bien-être il faut en être capable et le mériter politiquement. Un acteur politique ne confère plus aucun droit, il n’astreint qu’à des devoirs et à l’humilité, voire à l’effacement et même au sacrifice de soi.
Monsieur le Président, Mesdames et Messieurs les députés, si tel est l’état des lieux en ce qui concerne notre modèle de démocratie désormais au Bénin, pourquoi devrions-nous en ronger parce qu’il n’est pas la copie conforme de ce qui se fait ailleurs ? Pourquoi ? Mais est-ce que le Bénin est la copie conforme de notre pays dans le monde ? Mais non ! Nous sommes désormais une grande nation qui se construit jour après jour et notre modèle sociopolitique est en pleine mutation pour assoir et renforcer notre dynamique de développement. Mais une telle transformation ne peut s’opérer sans difficultés, nous l’observons. Les incompréhensions, les résistances et même les heurts qui nous éprouvent sont inhérents à toute transformation sociétale significative. Et sont la preuve que nous sommes sur le bon chemin. Aucune œuvre humaine n’est imparfaite, nous corrigerons et ajusterons notre modèle au fil du temps.
A cet effet, chaque génération devra apporter à la nation éternelle sa part d’innovation et de génie constructif ainsi que son courage pour empêcher coûte que coûte la logique à rétrograder et les marginaux d’arrêter le progrès. C’est en cela que je voudrais, M. le Président, Messieurs les députés, saluer et rendre hommage à l’ensemble des forces de défense et de sécurité de notre pays pour leur bravoure, leur loyauté à la République face à l’attaque perpétuée le dimanche 7 décembre 2025 par des marginaux insensés manipulés par quelques compatriotes en quête de privilèges perdus ainsi que certaines autorités politiques et militaires étrangères.
Je salue la mémoire de ceux qui y ont perdu la vie et adresse à leurs familles proches au nom du peuple béninois tout entier nos sincères condoléances. Aussi, en mon nom personnel et au nom de la nation tout entière exprimer notre fierté et notre reconnaissance à l’égard de tous les corps d’armée, toutes les garnisons du territoire, tout le commandement militaire, la police républicaine et son commandement qui tous, sans aucune défection se sont mobilisés spontanément et immédiatement pour défendre la patrie refusant de prêter main-forte aux assaillants et à la disposition de l’Etat. De même j’exprime à l’égard de tous les dirigeants de toutes les institutions de la République notre fierté et notre reconnaissance pour leur attachement à l’ordre constitutionnel tel qu’ils l’ont exprimé dans les minutes qui ont suivi l’attaque.
À l’endroit du peuple béninois dans sa grande majorité j’exprime notre fierté pour son refus de soutien à la fortitude et son attachement à la démocratie et à l’ordre constitutionnel. Monsieur le Président Mesdames et Messieurs les députés tout cela n’est-il pas l’illustration d’un état d’esprit nouveau caractéristique d’un Bénin qui grandit ? Les grandes nations ce ne sont pas seulement celles qui ne sont jamais éprouvées ce sont également celles qui sont capables de faire face aux épreuves avec efficacité. En cela notre pays le Bénin a donc franchi un palier décisif dans son parcours sa construction ses valeurs et son développement.
Quant à ceux d’entre nous qui restent désespérément accrochés ou qui évoluent ou qui peinent à s’arrimer à la dynamique en cours je prie le ciel de leur accorder la clairvoyance l’altruisme et l’humilité nécessaire à leur ralliement afin que leur frustration justifiée ou non cesse de nous diviser car notre Bénin commun restera éternellement sans divergence ou insatisfaction dès temps présent ne doit en aucun cas compromettre l’intégrité de la nation et son avenir. Les élus mal-aimés d’aujourd’hui passeront et ceux de demain ne manqueront pas de corriger les erreurs commises et de remédier aux insuffisances. Que chaque citoyen béninois touche de ses doigts les trous de l’argent à trouver afin que la bande de richesse pour nos enfants et petits-enfants c’est bien le symbole de ces lieux Monsieur le Président.
Mesdames et Messieurs les députés pour ce qui restera en ce qui concerne ma dernière apparition ici à cette tribune permettez-moi de vous exprimer à vos parlementaires de la neuvième législature à vos prédécesseurs des huitièmes et septièmes législatures ma profonde gratitude pour votre disponibilité permanente votre amabilité votre bienveillance votre collaboration républicaine correctrice et combien efficace qui m’ont permis d’accomplir durant ces deux mandats selon mes compétences à charge à l’omission que m’a chargé le peuple béninois dont m’a chargé le peuple béninois depuis donc bientôt dix ans vous prenez encore une fois témoin je voudrais exprimer à toutes les béninoises et à tous les béninois de l’intérieur et de l’extérieur de tous les âges et de toutes conditions ma reconnaissance infinie pour l’honneur et la confiance qu’ils m’ont fait en me confiant durant deux mandats successifs le destin la direction de notre beau et grand pays je veux leur dire que j’ai pris et gardé tout le long des deux mandats la mesure de leur attente que j’ai donné le meilleur de moi jour et nuit avec bonne foi et abnégation pour être à la hauteur de leur confiance je veux leur dire aussi que j’ai le regret de ne pas avoir tout réussi mais je veux et avant surtout davantage leur dire alors que la fin de ma mission est proche que j’ai la certitude qu’ensemble nous avons accompli de grandes choses dont certaines nous paraissaient même impossibles je veux enfin leur dire que surtout notre état d’esprit a considérablement changé que désormais plus rien ne nous est impossible que le Bénin a véritablement et définitivement trouvé son chemin pour se développer enfin et offrir peu à peu à chacun le bien-être légitimement attendu et qui est de plus en plus espéré mais qui est désormais à notre portée le développement le bien-être attendu depuis tant de temps d’où Monsieur le Président Madame et Messieurs les députés ce bien-être il est désormais à notre portée et nous cheminons chaque jour ensemble pour le conquérir
Monsieur le Président de l’Assemblée Nationale
Mesdames et Messieurs les députés, bientôt de nouveaux conseils communaux prendront le relais dans nos communes, une nouvelle législature succédera à la présente ici à Porto-Novo, un nouveau Président de la République prendra le règne du Bénin. Tous ces changements qui s’annoncent matérialisent la dynamique de la vie et sont le symbole du renouvellement inéluctable gage d’espérance et de progrès les élections générales qui à cet effet se préparent seront paisibles et sereines parce que chacun quelle que soit son appréciation et son appartenance aura compris que le seul véritable enjeu c’est le Bénin.
Mesdames et Messieurs les députés, représentants de la nation tout entière par vous à travers vous, vous prendre encore témoin. Je voudrais dire à tous aux Béninois et Béninoises de l’intérieur de l’extérieur que nous n’avons aucune raison de craindre l’avenir. Je veux leur dire que nous avons trouvé notre chemin. Je veux le répéter. Je veux leur demander de faire confiance au Bénin, de faire confiance aux générations successives désormais actives pour notre bien commun, pour notre développement. Je veux leur dire «n’ayons aucune crainte, l’âme du Bénin veillera et le meilleur est à venir». Tels sont ma prière et mes vœux pour l’année 2026 qui s’annonce pleine d’allégresse et de réussite pour le Bénin. Puisse-t-elle elle apporter à chacun et à chacune la bonne santé, la prospérité, la patience, le patriotisme, l’amour de soi et de l’autre ainsi que la joie de vivre.
Mesdames et Messieurs, vous aurez compris que l’émotion m’a étrait. Il est difficile de se quitter quand on s’aime mais la grandeur, le devoir, l’amour qui est qu’il faut savoir se quitter, savoir se dire au revoir pour laisser la place à d’autres. Je voudrais vous souhaiter à tout le monde, bientôt ceux qui viendront ici ou celui qui viendra ici à ma place vous entretenir sur l’état de la nation dans le sentiment que les choses s’améliorent, que le Bénin continue son chemin et que meilleur va se goûter de plus en plus par les uns les autres. Je voudrais dans les rues de Cotonou ou chez moi ou dans un café ou dans un bar ou chez les amis en regardant le prochain faire son discours sur l’état de la nation, je voudrais constater que dans tel ou tel domaine les choses ont avancé, sont allées encore beaucoup plus loin que ce que nous avons fait ensemble. Je voudrais que l’âme du Bénin y veille et j’ai confiance et je vous invite à avoir autant confiance en notre destin commun en notre capacité de développement d’abnégation, d’effort et je prie le ciel pour nous exaucer.
Merci