Le président gabonais Brice Clotaire Oligui Nguema a tenu à clarifier la nature des relations entre Libreville et Paris. Dans une interview accordée à France 24 à Libreville, il a assuré que le retrait des forces françaises du Camp de Gaulle résulte d’une initiative française et non d’une décision imposée par le Gabon.
Interrogé sur l’évolution de la présence militaire française au Gabon, Brice Clotaire Oligui Nguema a rejeté toute comparaison avec les départs parfois tumultueux de l’armée française du Mali, du Burkina Faso, du Niger ou encore du Tchad. Selon le chef de l’État gabonais, la situation gabonaise relève d’une logique totalement différente. « C’est la France elle-même qui a demandé de se retirer du Camp de Gaulle. Nous ne les avons pas chassés comme ailleurs », a-t-il déclaré.
Le président a insisté sur le fait que les relations entre Libreville et Paris demeurent excellentes. « Avec Paris, le climat est au beau fixe », a-t-il affirmé, annonçant par ailleurs une visite d’État en France prévue le 20 juillet prochain.
Selon Oligui Nguema, le Camp de Gaulle a déjà été rétrocédé aux autorités gabonaises. La présence militaire française a été considérablement réduite, ne laissant sur place qu’un contingent d’instructeurs chargé de la formation des forces de défense gabonaises. Il s’agit d’une centaine d’instructeurs selon les accords signés avec Paris. Le site devrait être transformé en centre de formation placé sous contrôle gabonais et pourrait prochainement porter le nom d’une personnalité nationale.
Ces déclarations interviennent dans un contexte de redéfinition de la stratégie militaire française en Afrique. Après le départ des troupes du Mali, du Burkina Faso, du Niger et du Tchad, et la fin de la présence permanente au Sénégal et en Côte d’Ivoire en 2025, Paris privilégie désormais des formats légers centrés sur la formation et l’appui. Contrairement à plusieurs pays sahéliens qui ont exigé le départ des forces françaises, le Gabon entend préserver sa coopération avec Paris tout en renforçant sa souveraineté sur les questions de défense.
Ezéchiel Dagbégnon PADONOU