La police kényane a dispersé mardi des manifestants opposés à la construction d’un centre de quarantaine financé par les États-Unis à Nanyuki. Destinée à accueillir des Américains exposés à Ebola en RDC et en Ouganda, l’installation provoque une vive controverse politique et sanitaire.
À Nanyuki, dans le comté de Laikipia, au centre du Kenya, les forces de l’ordre ont fait usage de gaz lacrymogènes pour disperser des centaines de manifestants opposés à un projet soutenu par Washington. Les protestataires dénoncent la construction d’un centre de quarantaine de 50 lits destiné à accueillir des citoyens américains potentiellement exposés au virus Ebola lors de missions menées en Afrique de l’Est et en Afrique centrale.
La mobilisation a pris de l’ampleur ces dernières semaines. Selon plusieurs médias kényans, les premières manifestations ont éclaté fin mai après la révélation du projet. La tension est montée davantage lorsque des habitants ont constaté la poursuite des travaux malgré deux décisions de justice ordonnant leur suspension. La semaine dernière, des affrontements avec la police avaient déjà fait deux morts.
Les autorités américaines assurent que le centre ne recevra pas de malades atteints d’Ebola, mais uniquement des personnes asymptomatiques ayant été en contact avec le virus lors de séjours en République démocratique du Congo ou en Ouganda. L’administration américaine explique que ces personnes y seraient observées pendant la période d’incubation avant un éventuel retour aux États-Unis.
Le président kényan William Ruto défend le projet. Selon lui, il s’inscrit dans le cadre de la coopération internationale en matière de santé publique et contribuera à renforcer les capacités de réponse aux épidémies dans la région.
Les opposants rejettent toutefois ces arguments. Ils estiment que le Kenya ne doit pas assumer les risques liés à des ressortissants étrangers potentiellement exposés à Ebola. Plusieurs organisations de la société civile dénoncent également un manque de transparence dans la conduite du projet.
Ezéchiel Dagbégnon PADONOU