De nouvelles manifestations ont secoué samedi la capitale iranienne et plusieurs grandes villes malgré une coupure quasi totale d’internet. Face à l’extension du mouvement, des ONG de défense des droits humains alertent sur un risque imminent de massacre.
Téhéran a de nouveau été le théâtre de manifestations nocturnes marquées par des slogans ouvertement hostiles au régime et des scènes de tension dans plusieurs quartiers de la capitale. Malgré le black-out numérique imposé par les autorités depuis plus de deux jours, la contestation se poursuit et semble gagner en intensité, faisant craindre une répression d’ampleur. Le mouvement a d’abord mobilisé des commerçants avant de s’étendre rapidement à d’autres catégories sociales. Selon des vidéos authentifiées, des manifestants ont tapé sur des casseroles, tiré des feux d’artifice et scandé des slogans en soutien à la dynastie Pahlavi, renversée en 1979.
La coupure d’internet, décidée par les autorités iraniennes, rend la circulation de l’information extrêmement difficile. Pour les ONG, ce black-out vise à masquer l’ampleur de la répression. Human Rights Activists News Agency affirme avoir recensé plus d’une centaine de morts depuis le début du mouvement, tandis que d’autres organisations évoquent des chiffres susceptibles d’être bien plus élevés.
Pressions extérieures et menaces
Sur la scène internationale, la situation inquiète. Le président américain Donald Trump a affirmé que les États-Unis se tenaient prêts à soutenir le peuple iranien, tout en laissant planer la menace d’une intervention militaire en cas de répression sanglante. Téhéran, de son côté, promet de riposter à toute attaque.
Cette mobilisation s’inscrit aussi dans un contexte de lourdes sanctions internationales, principalement américaines, visant le secteur pétrolier, les banques et les transports iraniens depuis le retrait de Washington de l’accord sur le nucléaire en 2018. À ces mesures s’ajoutent des sanctions européennes et onusiennes liées au programme nucléaire, aux missiles balistiques et aux violations des droits humains, qui ont accentué l’inflation, le chômage et la dégradation du niveau de vie.
Ezéchiel Dagbégnon PADONOU