L’Afrique confirme son rôle central dans la révolution mondiale des paiements mobiles. Portée par une adoption massive, elle concentre l’essentiel des flux financiers numériques en 2025. Le mobile money s’impose désormais comme un pilier de l’économie mondiale, avec une croissance spectaculaire.
Selon les données de GSMA, les transactions globales ont dépassé les 2 000 milliards de dollars en 2025, contre environ 1 680 milliards en 2024.
Dans ce total, l’Afrique subsaharienne joue un rôle dominant, concentrant près des trois quarts des flux, soit environ 1 400 milliards de dollars. Cette progression s’inscrit dans une dynamique de forte accélération. En l’espace de quatre ans, la valeur des transactions a pratiquement doublé, traduisant une adoption rapide des services financiers mobiles. À l’échelle mondiale, le nombre de comptes dépasse désormais les 2 milliards, avec plus d’un demi-milliard d’utilisateurs actifs mensuels.
L’Afrique, moteur de l’inclusion financière
Le leadership africain repose sur une réalité structurelle : le mobile money pallie le manque d’infrastructures bancaires classiques. En 2024 déjà, le continent comptait environ 1,1 milliard de comptes, soit plus de la moitié du total mondial. Dans de nombreux pays, ces services permettent aux populations d’accéder à des fonctions essentielles : transferts d’argent, paiement de factures, épargne ou encore microcrédit. Le mobile money contribue ainsi directement à l’inclusion financière et à la formalisation des économies locales.
Un impact économique majeur
Au-delà de l’usage quotidien, l’impact macroéconomique est considérable. Le mobile money a contribué à augmenter le produit intérieur brut des pays concernés de plus de 720 milliards de dollars en 2023, soit une hausse d’environ 1,7 %. En Afrique subsaharienne, cette contribution atteint près de 190 milliards de dollars, illustrant son rôle clé dans la croissance régionale. Par ailleurs, le volume des transactions continue de croître rapidement, avec plus de 108 milliards d’opérations enregistrées en 2024 à l’échelle mondiale.
Des défis malgré une dynamique forte
Malgré ces performances, le secteur doit relever plusieurs défis : renforcer la sécurité des transactions, améliorer l’interopérabilité entre opérateurs et étendre l’accès aux zones rurales. Les régulateurs sont également appelés à accompagner cette croissance pour garantir un environnement stable et inclusif.
Le mobile money ne se limite plus à un outil de transfert. Il est un véritable écosystème financier. À mesure que les services se diversifient, notamment vers le crédit ou l’assurance, l’Afrique confirme son rôle de laboratoire mondial de l’innovation financière.
Ezéchiel Dagbégnon PADONOU