Avec 180 336 contrôles et vérifications d’identité, 806 ghettos démantelés, 4 098 personnes conduites au poste et d’importantes saisies de drogues, d’armes et de produits contrefaits, la Police républicaine affiche un bilan impressionnant de ses opérations spéciales. Mais derrière ces chiffres se dessine aussi une autre réalité : celle d’une société confrontée à la montée de certains vices et à une jeunesse parfois vulnérable aux sirènes de l’argent facile.
Le chiffre saute aux yeux : 806 ghettos démantelés. À lui seul, il donne la mesure du travail accompli par la Police républicaine. Dans un pays qui compte 77 communes, un tel volume de lieux identifiés comme des foyers de consommation ou de trafic de stupéfiants ne peut laisser indifférent. Il ne s’agit évidemment pas de dire qu’il existe un ghetto dans chaque commune, mais de s’interroger sur l’ampleur du phénomène.
En effet, à ces 806 démantèlements s’ajoutent 180 336 contrôles et vérifications d’identité, 4 098 personnes conduites au poste, 1,37 tonne de cannabis saisie, 4,32 tonnes de produits pharmaceutiques contrefaits, 16 armes à feu et 129 munitions récupérées. La Police a également mis en fourrière 9 257 véhicules suspects. Ces chiffres traduisent une présence accrue des forces de sécurité sur le terrain.
Le chômage, un terreau à ne pas négliger
Derrière le phénomène des ghettos, il faut toutefois regarder au-delà de la seule répression. Le chômage et le sous-emploi, particulièrement chez les jeunes, peuvent contribuer à fragiliser certains parcours et rendre plus séduisantes les activités illicites lorsqu’elles semblent offrir des revenus rapides. La consommation de drogue, le trafic, le banditisme, la cybercriminalité et les réseaux d’escroquerie prospèrent plus facilement dans les environnements où l’espoir d’une insertion économique s’amenuise.
Le récent démantèlement de réseaux liés à QNET rappelle d’ailleurs une autre vulnérabilité : des jeunes à la recherche d’emploi ou de meilleures perspectives peuvent devenir des cibles privilégiées de réseaux leur promettant richesse et réussite rapides. Depuis avril 2026, 24 opérations ont conduit à l’interpellation de 92 suspects dans cette affaire, tandis que des centaines de victimes ont été secourues. Le mérite de la Police républicaine est donc réel. Elle montre qu’elle ne reste pas spectatrice face à la criminalité. Mais 806 ghettos doivent aussi être perçus comme un signal d’alerte sociale. La répression doit aller de pair avec la prévention, l’éducation, la formation professionnelle, l’emploi des jeunes et l’accompagnement des personnes vulnérables.
La Police républicaine mérite des félicitations pour cet exploit. Elle doit surtout maintenir la pression, renforcer le renseignement et la coopération avec les populations. Car démanteler les ghettos est une victoire ; empêcher qu’ils se reforment doit devenir le prochain défi.
ASG