Le démantèlement de plusieurs réseaux liés à QNET par la police républicaine et l’interpellation de 92 suspects constituent un sérieux coup porté aux activités frauduleuses. Mais face à un système qui semble se renouveler et à des victimes toujours exposées, la Police républicaine doit poursuivre la traque, au Bénin comme au-delà des frontières.
La Police républicaine peut légitimement se féliciter. Les opérations menées depuis avril 2026 à Parakou, Godomey et Tatonkonhon ont permis d’interpeller 92 suspects liés au réseau QNET. À cela s’ajoute le démantèlement de trois autres sites dans un pays anglophone voisin, avec cinq responsables remis aux autorités béninoises et une centaine de victimes libérées. Un résultat qui témoigne de l’efficacité des enquêteurs et de la nécessité de la coopération policière régionale. Mais il ne faudrait surtout pas considérer cette opération comme un point final.
Un réseau qui sait se réinventer
QNET ne semble pas être un phénomène que l’on peut éradiquer par quelques arrestations. Les réseaux de ce type savent changer de méthodes, de lieux et parfois de discours pour attirer de nouvelles victimes. Derrière les promesses de réussite, d’opportunités professionnelles ou de gains rapides, des personnes peuvent se retrouver entraînées dans des mécanismes dont elles mesurent trop tard les conséquences.
La vigilance doit donc rester maximale. Les 92 suspects interpellés constituent une étape importante, mais l’enjeu est désormais de remonter toute la chaîne : identifier les organisateurs, retracer les flux financiers, localiser les relais et empêcher la reconstitution des réseaux. L’implication d’Interpol dans la traque dans les pays voisins est, à ce titre, essentielle. Les frontières ne doivent pas devenir des refuges pour ceux qui déplacent leurs activités après le démantèlement d’un site.
La Police républicaine a réalisé un exploit. Elle doit maintenant transformer ce succès en offensive durable. Car libérer des centaines de victimes est une victoire ; empêcher qu’elles soient remplacées par d’autres en sera une plus grande encore. La traque doit donc continuer, sans relâche, jusqu’à ce que les derniers maillons du réseau soient identifiés et neutralisés.
ASG