Après plusieurs mois marqués par des blocages et la poursuite des tensions dans l’est de la République démocratique du Congo, Kinshasa et l’AFC/M23 ont adopté une feuille de route destinée à relancer les négociations de paix. L’accord est intervenu à l’issue de réunions organisées en Suisse du 17 au 21 août.
Les représentants du gouvernement congolais et ceux de l’Alliance Fleuve Congo/Mouvement du 23 Mars se sont réunis avec le Qatar, les États-Unis, le Togo (médiateur de l’Union africaine), la Suisse et la Commission de l’Union africaine. Les discussions visaient à évaluer les avancées et les difficultés dans la mise en œuvre de l’Accord-cadre de Doha pour une paix globale, signé le 15 novembre 2025.
La principale avancée concerne l’adoption d’une feuille de route fixant les différentes étapes et un calendrier pour la négociation des protocoles restant à conclure. Les parties ont également décidé de créer un mécanisme chargé de suivre les progrès accomplis et de résoudre les difficultés liées à l’application de leurs engagements.
Une première mission à Minembwe
Sur le volet sécuritaire, les négociateurs ont salué les progrès réalisés dans la mise en place du Mécanisme conjoint de vérification élargi plus (MCVE+), notamment la création de son secrétariat. Après une mission de reconnaissance menée le 20 août avec l’appui logistique de la MONUSCO, une première mission de vérification du cessez-le-feu est prévue le 24 août à Minembwe, dans le Sud-Kivu. Une méthode commune pour signaler les violations du cessez-le-feu doit également être mise en place.
La question des détenus demeure toutefois sensible. Début août, Kinshasa a libéré quinze personnes dans le cadre du processus de Doha, avec l’appui du Comité international de la Croix-Rouge, tandis que l’AFC/M23 réclame la poursuite des libérations.
Cette nouvelle étape intervient dans un contexte de conflit prolongé dans l’est de la RDC. Le M23, dont Kinshasa accuse le Rwanda de soutenir les combattants, contrôle plusieurs zones stratégiques. Kigali rejette ces accusations. Malgré les accords et les médiations successives, les affrontements et les accusations mutuelles de violations du cessez-le-feu continuent de fragiliser les espoirs d’une paix durable.
Ezéchiel Dagbégnon PADONOU