Un juge fédéral américain a annulé la politique de l’administration Trump qui suspendait la délivrance de visas d’immigration aux ressortissants de 75 pays. La décision constitue un revers judiciaire pour Washington, dont la mesure touchait particulièrement de nombreux pays africains.
La juge Jeannette Vargas, du tribunal fédéral de Manhattan, a estimé que la politique mise en place par le département d’État, sous l’autorité du secrétaire d’État Marco Rubio, était « manifestement illégale ». Selon elle, le département d’État a dépassé les pouvoirs que lui confère la législation américaine en imposant une suspension générale fondée sur la nationalité des demandeurs.
La mesure, entrée en vigueur en janvier 2026, concernait uniquement les visas d’immigration, notamment dans le cadre du regroupement familial ou de l’installation permanente, et non les visas temporaires de tourisme ou de visite. Washington justifiait cette décision par le risque que certains immigrants deviennent dépendants des aides publiques américaines.
En Afrique, la liste comprenait notamment le Nigeria, le Cameroun, le Ghana, la Côte d’Ivoire, le Sénégal, le Liberia, la Guinée, le Togo, le Rwanda, la République démocratique du Congo, la République du Congo, l’Éthiopie, la Somalie, le Soudan, le Soudan du Sud, l’Ouganda et la Tanzanie, entre autres.
La décision fait suite à une plainte déposée par des organisations de défense des migrants, dont African Communities Together, ainsi que par des demandeurs de visas et des citoyens américains souhaitant faire venir des membres de leurs familles.
Cette décision oblige désormais l’administration américaine à revoir sa politique. Le département d’État n’avait pas encore annoncé, au moment de la décision, s’il comptait faire appel.
Ezéchiel Dagbégnon PADONOU