Le président chinois Xi Jinping a averti Donald Trump, arrivé en Chine le mercredi 13 mai 2026 pour une visite d’État à Pékin, que la question taïwanaise pourrait conduire à des chocs et même des conflits entre les deux puissances si elle était mal gérée. Cette rencontre intervient dans un contexte de fortes tensions commerciales, militaires et diplomatiques entre Washington et Pékin.
La rencontre entre le président américain Donald Trump et son homologue chinois Xi Jinping, jeudi 14 mai à Pékin, devait relancer le dialogue entre les deux premières puissances mondiales. Mais le dossier taïwanais a rapidement dominé les échanges. Selon plusieurs médias internationaux et l’agence Reuters, Xi Jinping a averti que tout « mauvais traitement » de la question de Taïwan pourrait conduire les relations sino-américaines vers « une situation extrêmement dangereuse ».
Le dirigeant chinois a rappelé que Taïwan constitue « la question la plus importante dans les relations Chine–États-Unis ». Pékin considère l’île démocratique comme une province rebelle destinée à être réunifiée au continent, y compris par la force si nécessaire. À l’inverse, Washington demeure le principal soutien militaire de Taipei, malgré sa reconnaissance officielle de la politique d’une « seule Chine ».
Rivalité stratégique entre les deux puissances
Au-delà de Taïwan, les différends entre Washington et Pékin se multiplient depuis plusieurs années : guerre commerciale, restrictions technologiques sur les semi-conducteurs et l’intelligence artificielle, militarisation de la mer de Chine méridionale ou encore concurrence d’influence en Afrique et au Moyen-Orient. La visite de Donald Trump en Chine intervient également dans un contexte international tendu, marqué par la guerre autour de l’Iran et les inquiétudes sur les routes énergétiques mondiales.
Face au soutien américain à Taipei, la Chine intensifie sa pression diplomatique pour isoler l’île sur la scène internationale. L’épisode récent de la visite du président taïwanais Lai Ching-te en Eswatini, l’un des rares États africains reconnaissant encore Taïwan, illustre cette stratégie. Selon plusieurs sources, Pékin aurait exercé des pressions sur certains pays afin d’empêcher le survol de leurs territoires par l’avion présidentiel taïwanais. Malgré ces obstacles, Lai Ching-te s’est rendu à Mbabane et a dénoncé les « pressions extérieures » exercées par la Chine.
Une ligne rouge diplomatique
Pour les analystes des relations internationales, les déclarations de Xi Jinping traduisent la volonté de Pékin de faire de Taïwan une « ligne rouge » dans ses rapports avec Washington. La Chine cherche ainsi à dissuader toute reconnaissance internationale accrue de l’île et à réduire l’espace diplomatique de Taipei.
Malgré ces tensions, Donald Trump a tenté d’afficher un ton conciliant en évoquant un « fantastique avenir » pour les relations sino-américaines. Mais derrière les sourires diplomatiques, la question taïwanaise demeure plus que jamais le principal foyer de confrontation entre les deux superpuissances.
Ezéchiel Dagbégnon PADONOU