Le 24 Mai prochain, le nouveau président élu le 12 Avril dernier, Romuald Wadagni, sera investi dans ses fonctions. Il succèdera ainsi à Patrice Talon, mais cette fois, son investiture se déroulera au Palais des Congrès à Cotonou. Une première dans l’ère du renouveau démocratique où tous les présidents qui se sont succédés jusqu’ici ont tous prêté serment dans la ville capitale, Porto Novo.
Depuis 1990, tous les présidents de la République du Bénin ont prêté serment consacrant leur entrée en fonction, à Porto Novo, la capitale politique du Bénin. Du président Nicéphore Dieudonné Soglo en 1991 au président Patrice Talon en 2016 et 2021 en passant par le Président Boni Yayi en 2006 et 2011, les cérémonies d’investiture des différents Chefs de l’État béninois ont été faites à Porto Novo pour conserver le caractère sacré de ce lieu devenu habituel et même légitime.
<< Porto Novo est le temple où le pouvoir se transmet depuis que nous sommes en démocratie >>, rappelle le docteur Bertin Koovi. Pour ce dernier, la prestation de serment du président de la République dépasse largement le cadre administratif. Elle représente un acte hautement symbolique, institutionnel et même spirituel, précise le docteur qui s’oppose à l’idée d’organiser l’investiture du président Wadagni à Cotonou. De toute évidence, Porto Novo est devenu depuis 1990 le lieu sacré où se transmet le pouvoir présidentiel.
De ce point de vue, l’organisation de l’investiture du président Romuald Wadagni à Cotonou dépouille le serment de son caractère sacré et dévalorise le prochain locataire du Palais de la Marina. En tant que l’élu, le prochain homme fort du Bénin, Romuald Wadagni devrait s’opposer à cette décision de l’investir à Cotonou surtout que les raisons avancées pour cette délocalisation restent les travaux en cours pour la modernisation du stade Charles De Gaule de Porto Novo.
Avant le président Patrice Talon, plusieurs président de la République du Bénin ont été investis à Porto Novo dans des lieux autres que le Stade en chantier. Un prétexte que le président Wadagni devrait rejeter pour éviter la désacralisation de son serment de Président de la République.
Norbert Adjakoun