Deux jeunes Américains rêvaient d’un coup d’État sanglant en Haïti. Leur projet, aussi extravagant qu’effroyable, a été stoppé à temps par les autorités fédérales américaines.
Un plan délirant, nourri d’idéologie violente et d’errance mentale, a failli faire basculer l’île de la Gonâve dans l’horreur. Gavin Weisenburg, 21 ans, et Tanner Thomas, 20 ans, deux citoyens américains, ont été interpellés puis inculpés par la justice fédérale après la découverte d’un complot visant à prendre le contrôle de la Gonâve, dépendance de Haïti. Les suspects risquent aujourd’hui la prison à vie.
En effet, selon l’acte d’accusation, les deux jeunes hommes projetaient une opération armée d’une violence extrême contre cette île d’environ 87 000 habitants. Depuis août 2024, ils tentaient de recruter des sans-abri à Washington, D.C. afin de constituer une prétendue « armée révolutionnaire ». Le dossier fait état de l’achat d’un bateau, de recherches sur des armes de guerre et des explosifs, ainsi que de cours de créole haïtien destinés à faciliter leur implantation sur l’Île de la Gonâve. Plus inquiétant encore, l’un des suspects aurait suivi une formation liée à la U.S. Air Force, espérant y acquérir des compétences militaires utiles à son projet. Leur objectif assumé, décrit noir sur blanc par les enquêteurs, relevait du fantasme génocidaire : exterminer les hommes de l’île et réduire femmes et enfants à l’esclavage sexuel, avec en toile de fond la production de contenus pédocriminels.
Comment expliquer un tel passage à l’acte ? D’après les éléments judiciaires et des spécialistes cités dans l’enquête, leurs motivations combinent radicalisation en ligne, fascination pour la violence extrême, isolement social et dérives idéologiques inspirées de discours suprémacistes et conspirationnistes. À cela s’ajoutent des troubles psychologiques manifestes et une quête de toute-puissance typique de profils cherchant à exister par la terreur.
L’affaire aurait pu virer au cauchemar sans l’intervention rapide du Federal Bureau of Investigation, qui a neutralisé le duo avant tout passage à l’action. Un fait insolite par son extravagance mais glaçant par ce qu’il révèle. À l’ère du numérique, même les projets les plus absurdes peuvent devenir mortels s’ils ne sont pas arrêtés à temps.
Gildas AHOGNI