Face à l’instauration d’un programme pilote aux États-Unis exigeant de 5 000 à 10 000 USD de caution pour les visas B-1/B-2 des Maliens, le gouvernement de Bamako réplique par une mesure de réciprocité. Cette réciprocité diplomatique a été annoncée dans un communiqué qui date du lundi 11 octobre signé par le ministère malien des Affaires étrangères.
Désormais, tout ressortissant américain souhaitant se rendre au Mali pour affaires ou tourisme devra s’acquitter de la même somme. Selon Bamako, la mesure américaine constitue une décision unilatérale portant atteinte à l’accord bilatéral de 2005 relatif aux visas de longue durée à entrées multiples.Le Mali a donc décidé d’appliquer le principe de réciprocité : les citoyens américains seront assujettis aux mêmes conditions, sans que la date d’entrée en vigueur n’ait encore été dévoilée.
Washington a initié ce nouveau régime dans le cadre d’un programme pilote visant à dissuader les dépassements de séjour de certaines nationalités. Les montants requis — entre 5 000 et 10 000 USD — concernent les visas d’affaires et de tourisme (B-1/B-2) pour les ressortissants maliens. À Bamako, certains observateurs dénoncent une mesure discriminatoire, vouée à durcir davantage les conditions de mobilité.
L’annonce malienne s’inscrit dans un contexte de durcissement des politiques migratoires américaines envers plusieurs pays africains. En recourant à la réciprocité, le Mali entend rétablir un certain équilibre dans ses relations diplomatiques avec les États-Unis. Toutefois, la mise en oeuvre pratique de ce principe pourrait générer des complications administratives et juridiques, notamment dans le traitement des demandes de visa.
Ezéchiel Dagbégnon PADONOU