Baisse du niveau des apprenants en français et en mathématiques : Des lacunes qui persistent en classe
Entre difficultés persistantes en lecture et faibles performances en mathématiques, les acquis scolaires des élèves béninois suscitent des inquiétudes. Selon le rapport PASEC 2024, près de 53 % des élèves évalués en fin de primaire n’atteignent pas le seuil minimal de compétence en lecture. À l’échelle des 16 pays africains étudiés, la situation est également préoccupante, notamment en

mathématiques. Sur le terrain, des enseignants témoignent d’une régression qu’ils peinent à enrayer.
Les chiffres sont révélateurs des difficultés auxquelles fait face le système éducatif béninois. D’après le rapport PASEC 2024, publié le 22 octobre 2026, seuls 47 % des élèves béninois en fin de primaire atteignent ou dépassent le seuil minimal de compétence en lecture. Autrement dit, un peu plus de la moitié des apprenants évalués ne maîtrisent pas suffisamment les compétences attendues dans cette discipline fondamentale.
En effet, cette situation s’accompagne d’une dégradation des performances. Entre 2019 et 2025, le Bénin a enregistré un recul significatif des résultats en compréhension de l’écrit et en mathématiques. Plus préoccupant encore, les performances en mathématiques sur la période 2014-2025 sont passées sous leur niveau de 2014. Dans les salles de classe, les enseignants disent constater ces difficultés au quotidien. Romaric, professeur de français, déplore la place grandissante du fon dans les échanges scolaires et les insuffisances dans la maîtrise de la langue française.
« Aujourd’hui, lorsque vous faites le cours, les élèves parlent le fon. Pendant la correction des copies du devoir, c’est des fautes d’orthographe et tout que vous allez constater », témoigne-t-il. C'est le même constat en mathématiques. Martin, professeur de cette discipline, observe une baisse importante du niveau des apprenants. « Le niveau des enfants a régressé fortement. On essaie de remonter la pente, mais ça ne va toujours pas », confie-t-il.
Des chiffres régionaux alarmants
Le phénomène dépasse les frontières béninoises. Dans les 16 pays couverts par l’évaluation, seuls 38,5 % des élèves atteignent les niveaux 3 ou 4 en lecture, tandis que 61,5 % restent en dessous du niveau minimal retenu. En mathématiques, les résultats sont encore plus faibles : seuls 24,8 % des élèves atteignent au moins le niveau 2, contre 75,2 % qui restent au niveau 1 ou en dessous. Ces résultats interrogent l’efficacité des politiques éducatives. Si les dépenses publiques et l’accès à l’école sont essentiels, ils ne garantissent pas automatiquement la maîtrise des savoirs fondamentaux. Le défi est désormais de mieux accompagner les élèves, de détecter précocement leurs lacunes et de renforcer les méthodes d’enseignement.
Car une école ne peut être considérée comme performante sur la seule base du nombre d’enfants scolarisés. Elle doit aussi former des apprenants capables de lire, de comprendre, de rédiger correctement et de résoudre des problèmes mathématiques. Le recul observé appelle donc une réponse durable, au risque de voir les lacunes scolaires compromettre les parcours futurs des enfants.
Gildas AHOGNI










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