Notoriété et influence à la tête de l'Etat: Le sénat, le paravent pour le pouvoir dans le pouvoir
Parti de la Marina en mai 2026, Patrice Talon n’a visiblement pas quitté le centre de la scène politique béninoise. À l’ouverture de la première session ordinaire du Sénat, le 28 octobre 2026, l’ancien chef de l’État a de nouveau capté l’attention, multipliant les poignées de main et les conciliabules avec les personnalités présentes. Six mois après son départ du pouvoir, sa posture et son

influence demeurent presque intactes, suscitant de vraies interrogations sur sa place dans la préséance et l’architecture républicaines.
Le pouvoir change de mains, mais les habitudes politiques ne disparaissent pas toujours. Au Bénin, Patrice Talon semble en offrir une parfaite illustration. Depuis qu’il a quitté la magistrature suprême en mai 2026, l’ancien chef de l’État continue de susciter une attention particulière lors de ses sorties publiques. Sa présence laisse toujours des traces. Elle attire les regards, provoque les rapprochements et relègue au second plan l'image de celui qui incarne désormais l'institution executive.
La scène observée au Dôme du Sofitel de Cotonou, mercredi 28 octobre, à l’occasion de l’ouverture de la première session ordinaire du Sénat, est révélatrice de cette réalité politique. Au terme de son allocution, Patrice Talon s’est retrouvé au centre d’un ballet de personnalités désireuses de l’approcher. Députés, membres du bureau de l’Assemblée nationale et autres acteurs politiques ont multiplié les contacts avec celui qui préside désormais la Chambre haute.
Poignées de main, mots échangés à voix basse, salutations et rapprochements ont marqué cette séquence. La scène laissait voir un ancien président dont le poids politique reste considérable, même après la transmission officielle du pouvoir. Plus qu’une simple marque de courtoisie institutionnelle, cette effervescence autour de sa personne pose la question de la persistance de son autorité au sein de la classe politique. Le titre de président du Sénat confère à Patrice Talon une nouvelle position institutionnelle.
Mieux, le contenu du discours du Président du Sénat lui confère une telle solennité et regorge d’éléments de langage propres aux discours des chefs de l’Etat. A maints égards, Patrice Talon a semblé parler au nom de la République, comme s’il incarnait encore la nation. Cette fonction lui offre une visibilité qui prolonge son rôle dans la vie politico-publique. Dès lors, ses discours, ses gestes et ses interactions sont scrutés.
Le problème n’est donc pas qu’un ancien chef de l’État continue de recevoir des marques de respect. Il réside plutôt dans la perception d’une concentration persistante de l’attention politique autour de sa personne, alors qu’un nouveau président est censé incarner le pouvoir exécutif. À terme, cette situation peut brouiller la lecture des responsabilités et entretenir le doute sur le véritable centre de gravité du pouvoir. A ce rythme, on dira sans doute que Patrice Talon est toujours hanté par le syndrome du pouvoir infini. .
Alassane Touré










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