Depuis son accession au pouvoir en 2016, le président Patrice Talon a fait de la sécurisation du territoire national un axe majeur de sa gouvernance. Dans un contexte régional marqué par la montée du terrorisme en Afrique de l’Ouest, le Bénin s’est progressivement engagé dans une dynamique de renforcement de ses capacités militaires. Malgré tous les efforts, la lutte contre le terrorisme est un domaine dans lequel le régime a échoué.
Sur le plan des investissements, des efforts significatifs ont été consentis. Le gouvernement a procédé à l’acquisition d’équipements militaires modernes afin de mieux outiller les Forces armées béninoises. A ce jour, le Bénin dispose d’un important nombre d’avant-blindés acquis sur fonds propres ou offerts par des partenaires militaires. Des moyens de communication de dernière génération, des lunettes de vision nocturne, des combinaisons de déminage, des gilets pare-balles et des casques de protection ont été mis à la disposition des soldats. À cela s’ajoute l’achat de vecteurs de surveillance aérienne et de reconnaissance, devenus indispensables dans la lutte contre des groupes armés souvent mobiles et difficiles à localiser. Dans la même dynamique, plusieurs recrutements ont été lancées pour renforcer les effectifs de l’armée.
Parallèlement, des soldats béninois ont bénéficié de formations dans des écoles militaires à l’étranger, notamment en France, aux États-Unis ou encore en Chine. Des opérations d’entraînement ont été aussi organisés par l’armée béninoise pour permettre un rapprochement entre les Fab et les populations. Ces formations visent à améliorer leurs compétences opérationnelles et leur capacité d’adaptation face à des menaces asymétriques de plus en plus complexes. La coopération militaire avec ces partenaires internationaux a également permis au Bénin de bénéficier d’appuis logistiques et techniques non négligeables. Certains équipements ont été offerts dans le cadre de partenariats stratégiques, contribuant ainsi à moderniser l’appareil de défense nationale.
Cependant, malgré ces avancées notables, la menace terroriste demeure une réalité préoccupante. Depuis la première attaque enregistrée en 2021 dans le nord du pays, le Bénin fait face à des incursions répétées de groupes djihadistes. Ces attaques ont causé des pertes en vies humaines, aussi bien au sein des populations civiles que dans les rangs des forces de défense. Dans son dernier discours sur l’état de la Nation, le président Patrice Talon l’a reconnu en disant que c’est le seul domaine où son pouvoir a échoué.
Une riposte pas à la hauteur
Face à cet ennemi invisible, l’armée béninoise a intensifié la réplique avec la mise en place de l’opération Mirador. Plus de 3000 soldats sont actuellement déployés dans les zones sensibles du nord pour contenir la menace et sécuriser les frontières. Cette offensive a permis de neutraliser plusieurs individus armés non identifiés et d’en interpeller d’autres, désormais sous le coup de procédures judiciaires. Au-delà de l’action militaire, les autorités ont également mis en œuvre des stratégies civilo-militaires. Des campagnes de vaccination de bovins et d’ovins sont organisées au profit des communautés locales, tout comme des séances de dépistage et de traitement de diverses maladies. Ces initiatives visent à renforcer la confiance entre les populations et les forces armées, tout en réduisant l’influence des groupes extrémistes.
Des actions de sensibilisation sont également menées pour informer les populations sur les dangers du terrorisme et encourager leur collaboration avec les forces de sécurité. Une approche qui combine action militaire et engagement communautaire. Malgré tout, les défis restent nombreux. L’adaptabilité des groupes terroristes, la porosité des frontières et les différends avec les pays voisins imposent une vigilance constante. Si les efforts du gouvernement sont indéniables, la lutte contre le terrorisme au Bénin apparaît comme un combat de longue haleine, nécessitant des ressources accrues, une coopération régionale renforcée et une implication durable des populations.
Mohamed Yèkini
