Une délégation de la Cedeao s’est rendue à Bissau ce lundi 1ᵉʳ décembre pour rencontrer les nouvelles autorités militaires de Guinée-Bissau, dans l’espoir d’un retour à l’ordre constitutionnel. Malgré des échanges qualifiés “d’utiles”, aucun accord concret n’en est sorti — la crise politique reste ouverte.
Dès son atterrissage à Bissau ce lundi matin, la mission de la Cedeao, conduite par le président de l’organisation, Julius Maada Bio, a affiché un objectif clair : exiger le rétablissement de l’ordre constitutionnel après le coup d’État militaire du 26 novembre. Mais la rencontre, d’une durée d’environ trois heures, s’est achevée sans percée notable, laissant planer l’incertitude sur les suites.
La délégation est reçue dans un bâtiment proche du palais présidentiel par les autorités putschistes — le général Horta Inta-a en tête. Parmi les médiateurs figurent, selon divers rapports, le président de la Commission de la Cedeao, ainsi que des représentants diplomatiques internationaux.
Initialement, la délégation devait inclure les chefs d’État du Sénégal, du Togo et du Cap-Vert, ou leurs représentants — mais ces derniers ne se sont finalement pas déplacés. Ce manque affaiblit le poids politique de la mission et peut être perçu comme un signe de divisions au sein de la Cedeao sur la stratégie à adopter face au régime militaire de Bissau.
Après environ trois heures d’entretien, les deux parties déclarent avoir mené des “discussions constructives”. Pour la Cedeao, le message transmis reste est : relancer les institutions, publier les résultats électoraux, libérer les détenus, et rétablir la légalité constitutionnelle.
En revanche, les autorités de transition n’ont pas donné de calendrier précis. Leur seule proposition évoquée serait une période de transition — sur une durée non confirmée publiquement — avant un retour à un régime civil. Aucune avancée concrète n’a émergé, et la tension reste vive. La Cedeao annonce de nouvelles discussions d’ici la mi-décembre, sans exclure d’éventuelles mesures de pression.
Enjeu pour la Guinée-Bissau et la Cedeao
Cette mission marque un test important pour la crédibilité de la Cedeao dans la gestion des crises politiques dans la région. L’absence de plusieurs États membres affaiblit le poids collectif du bloc. Pour la junte, le temps de la transition pourrait être l’occasion de consolider son pouvoir. Pour les démocrates bissau-guinéens, l’inquiétude demeure. La promesse d’un retour à l’ordre constitutionnel devra être suivie d’actes concrets — publication des résultats électoraux, libération des détenus, garanties de sécurité pour les opposants. Le pays reste dans l’attente, tandis que la communauté internationale surveille le développement de la crise.
Ezéchiel Dagbégnon PADONOU