Le calme obtenu il y a peu dans la bande de Gaza est aujourd’hui sérieusement fragilisé après des opérations militaires israéliennes dans la région de Rafah. Les deux parties s’accusent mutuellement, jetant une ombre sur la trêve négociée.
L’armée israélienne a annoncé avoir mené dimanche des frappes aériennes dans le sud de la bande de Gaza, en riposte à des tirs attribués au Hamas contre un véhicule d’ingénierie militaire à Rafah. Pour sa part, le mouvement islamiste a nié toute implication dans ces affrontements dans cette zone et affirmé son attachement à la trêve.
Alors que des sources palestiniennes évoquent des frappes et des tirs nourris de la marine israélienne, le gouvernement de Benjamin Netanyahu met en garde : « Toute nouvelle violation sera traitée avec force ». De son côté, le Hamas estime que ces allégations servent de prétexte à de nouvelles opérations israéliennes visant à casser la trêve.
La fermeture du passage de Rafah par Israël, liée aux négociations sur les corps d’otages, complique l’acheminement de l’aide humanitaire dans la bande de Gaza. Avec plus de 47 violations documentées par l’office médiatique de Gaza depuis le début du cessez-le-feu, dont 38 morts et 143 blessés, le temps presse pour empêcher l’accord de se désagréger.
L’équilibre fragile instauré près de deux semaines seulement après l’entrée en vigueur de la trêve menace de s’effondrer. À moins d’un retour rapide au dialogue, la reprise des hostilités, déjà annoncée par plusieurs observateurs, pourrait relancer un cycle de violence auquel la région pensait avoir échappé.
Ezéchiel Dagbégnon PADONOU