Il y a quelques semaines, deux ministres du gouvernement du Président Paul Biya ont démissionné et annoncé leur candidature pour l’élection présidentielle d’octobre 2025. Il s’agit de Bello Bouba Maïgari et Issa Tchiroma Bakary. Dans un entretien accordé à Brut, Issa Tchiroma Bakary a fait de troublantes révélations sur la gestion du pouvoir par l’actuel chef de l’Etat qui n’a pas, selon lui, fait de conseil des ministres depuis 14 ans. Interrogé, ce lundi 07 juillet 2025 par RFI, le ministre camerounais de la Communication et porte-parole du gouvernement, René-Emmanuel Sadi a déclaré que « c’est du 50/50 », si Paul Biya, sera- candidat à sa succession ou pas pour la présidentielle du mois d’octobre prochain.
René-Emmanuel Sadi a d’abord regretté le départ de ses deux collègues de la majorité présidentielle et leur refus de née plus être un allié du parti au pouvoir, le Rassemblement démocratique du peuple camerounais (RDPC). « Des alliés qui partent et non des moindres, effectivement, on peut forcément le regretter. Pour autant, nous ne croyons pas qu’il faille faire tout un drame de ces démissions de quelques membres du gouvernement, en l’occurrence des ministres appartenant au FSNC et à l’UNDP », a-t-il signifié. Il a fait savoir que «le Cameroun est un pays de liberté et de démocratie et ceci est un acquis irréversible » qu’ils doivent «incontestablement à l’engagement du président Paul Biya ». Le RDPC, dit- il, « prend forcément acte » de leurs anciens alliés et compte sur « ses nombreux atouts » et « son maillage territorial »:. Il a par ailleurs reconnu que « la concurrence sera sans doute un peu plus forte » puisqu’ils ont perdu nous avons perdu des alliés.
L’absence de Biya au sommet de l’Etat
En ce qui concerne l’absence du président Biya au sommet de l’Etat, le porte-parole du gouvernement camerounais a déclaré qu’ « il n’en est rien ». « Le président de la République conduit bel et bien les affaires de la République dans un style qui lui est propre, fait de discrétion et d’efficacité, sans tapage », a-t-il indiqué. Cette absence, selon lui, «est une absence apparente » et qu’elle « n’enlève rien à l’efficacité de l’homme et à sa connaissance parfaite des dossiers ». Il a laissant le président de la République Paul Biya « suit au quotidien tout ce qui se passe ». Pour René-Emmanuel Sadi, «il est certainement l’homme le plus informé ».
« À 92 ans, c’est un énorme mérite que de continuer à gouverner son pays. C’est un énorme mérite que de s’intéresser aux affaires de l’État, de suivre les dossiers. Je pense que la chance qu’on a, c’est que le président, à cet âge, a une mémoire phénoménale. C’est vrai, l’âge est là, il est important. Mais évidemment, quand on peut, malgré cet âge, continuer à suivre ses dossiers, c’est aussi un grand mérite qu’il faut saluer », a-t-il lâché.
Candidature ou pas de Paul Biya
A trois mois de la présidentielle, le parti au pouvoir n’a pas encore désigné son candidat ou du moins a annoncé qui sera son candidat. Le ministre de la communication a, à ce sujet, répondu que « le RDPC connaît les dispositions de la loi » et qu’ils ont « encore suffisamment de temps pour que le RDPC se prononce ». Il a souligné qu’ils attendent « dans les meilleurs délais possibles sous la conduite de son président national, le président Paul Biya ». « Nous entendons nous décider dans ce sens-là. Le chef de l’État lui-même a laissé entendre que, le moment venu, il dirait à ses militants s’il est candidat ou non », a-t-il affirmé avant de poursuivre : « Il se prononcera en son âme et conscience. Et c’est un homme d’une très grande clairvoyance, d’une très grande sagesse. Il saura dire à ses compatriotes la position qui sera la sienne ».
A la question du journaliste de savoir si il y a plus de chances que Paul Biya dise oui ou qu’il dise non qu’il sera candidat ou pas. René-Emmanuel Sadi a martelé que « c’est du 50/50. Forcément, puisqu’il l’a dit, qu’il se prononcera le moment venu. Forcément, c’est du 50/50 ». « Écoutez, c’est lui qui nous a dit qu’il va se prononcer le moment venu. Ses militants, beaucoup ont fait des appels au président et c’est à lui qu’il appartient de répondre à ses militants », a-t-il lâché avant de conclure : « Bon, peut-être que ça peut être une surprise dans un sens comme dans l’autre ».