Dans le cadre de l’exposition « Equilibrium Wind – Le Vent d’Équilibre » de Thierry Oussou, une table ronde a été organisée ce mercredi 1er avril 2026 au NOVOTEL Orisha Cotonou. Des artistes majeurs étaient présents ainsi que Gabi Ngcobo, Directrice du Kunstinstituut Melly à Rotterdam et Rita Ouédraogo, curatrice indépendante, co-curatrice et membre fondateur du Buro Stedelijk Museum à Amsterdam. Autour de ces dernières, elles ont animé un panel de discussion avec Léa Awunou Roufaï, Directrice générale de LÉA RÉSIDENCE, Diane Awunou Houssou, Directrice de la Galerie Encadrement Design de Cotonou et Thierry Oussou Artiste conceptuel, auteur du projet Equilibrium Wind. Les panélistes ont tenu en haleine pendant plus de deux heures les amoureux de l’art autour du thème : « Héritage en mouvement : réinventer les récits et les formes en Afrique contemporaine ».
Dans ces propos, la Directrice générale de LÉA résidence, Léa Awunou Roufaï a déclaré qu’il est important de réinventer les récits ou du moins de pouvoir les montrer. Elle a indiqué qu’ils ont saisi l’occasion de cette table ronde « pour dire qu’on a un devoir et une obligation de pouvoir présenter la création, les récits, les messages que les artistes veulent véhiculer et porter le regard qu’ils posent sur le monde contemporain qui nourrit leur création et l’Afrique d’aujourd’hui ». Léa Awunou Roufaï a signifié que Les artistes sont de plus en plus présents en Europe, « que ce soit dans les maisons de vente ou d’exposition » .C’est pour cela, dit-elle, qu’on puisse en parler, tracer, retracer ces « trajectoires qui ont permis à ces artistes d’émerger, de porter leur discours aussi bien en national pour une appropriation nationale, mais aussi et surtout à l’international pour qu’il y ait une véritable circulation » et « dynamique autour du monde de l’art ». Selon elle, « plus que de la réinvention, on est dans de la réappropriation et de la création autour de notre histoire » et « autour de ce qui nous a toujours nourri, entouré ou qui nous interpelle dans nos sociétés actuelles». Pour elle, « Thierry Oussou pose vraiment un regard justement sur ces dynamiques, ces tensions à travers Equilibrium Wind, le vent d’équilibre ».
Les défis
En ce qui concerne les défis liés à la circulation et à la diffusion des œuvres, elle a notifié qu’il y a une dynamique qui est mise en place pour révéler et propulser le talent artistique. Elle a martelé que « chacun a sa part pour permettre cette circulation .Car à travers cette table ronde, c’est le Bénin qui est mis en lumière. C’est Thierry qui est mis en lumière ». Selon Léa Awunou Roufaï , cela « permet à d’autres acteurs du monde de l’art en Europe ou ailleurs de s’intéresser à ce qui se fait. Donc, il faut favoriser ces initiatives et accompagner ces projets ». Cela, selon elle, permettra de faire du bruit autour afin « d’attirer, d’éveiller la curiosité et faire en sorte qu’on s’intéresse davantage à ce qui se fait ». « Mais ce n’est pas juste de la monstration. Il faut aussi que les Béninois s’intéressent à ces artistes qui peuvent pourquoi pas susciter des vocations qu’ils soient aussi détenteurs de ses œuvres », a-t-elle lâché. Elle a par ailleurs demandé qu’il faut qu’on s’intéresse au travail des artistes afin qu’ « on puisse les montrer de manière à ce qu’il y ait une résonance nationale et internationale de sorte à ce qu’on apporte de la lumière vers nous et qu’on montre au monde aussi qu’on a des artistes talentueux ».
L’engouement des curateurs
La Directrice générale de LÉA RÉSIDENCE n’a pas manqué d’exprimer sa satisfaction à la fin de cette table ronde. Selon elle, à travers le discours des deux curatrices, Gabi Ngcobo et Rita Ouédraogo, « on peut se rendre compte de l’engouement de l’art contemporain». « Je ne dis pas l’art africain, mais d’artistes africains qui finalement portent un discours universel, visible et audible », a –t- elle laissé entendre avant d’ ajouter : « Je suis vraiment satisfaite parce que je sais que des pistes de réflexion, de collaboration vont émerger dans leur esprit, des contacts et des connexions vont se faire pour porter toujours plus haut et toujours plus loin la création artistique contemporaine et montrer de quelle manière nous sommes capables aussi d’organiser, d’orchestrer des expositions d’envergure avec le soutien de partenaires d’entreprises. C’est tout un écosystème qui évolue en tout cas qui nous a accompagnés dans lequel nous évoluons pour porter l’art, les arts visuels et toutes les formes d’art en général ».
Quant à Gabi Ngcobo et Rita Ouédraogo, elles ont précisé que l’initiative est bonne et que cela va permettre de renforcer l’art contemporain. A ce rendez-vous, ces dernières et Diane Awunou Houssou, Directrice de la Galerie Encadrement Design de Cotonou et Co-commissaire de l’exposition ont souligné que la création contemporaine africaine s’inscrit dans une dynamique de réappropriation, où les artistes revisitent leurs héritages.
Thierry Oussou a, de son côté, déclaré que «quand on dit ‘’Equilibrium Wind’’, c’est un concept. Il a indiqué qu’il y a beaucoup de thèmes. Il a fait savoir que « l’élément essentiel, ce n’est pas le coton» mais «c’est l’économie béninoise à notre temps reliée à l’histoire » telles que l’histoire coloniale, le marxisme-léninisme et autres. Il a par ailleurs affirmé que «dans chaque environnement, tu identifies ce qui peut être fort comme message pour impacter beaucoup de gens». C’est pour cela qu’il pense qu’ « au Bénin, le coton, c’est ça qui crée notre économie». Pour lui, « l’agriculture est très importante aujourd’hui » au Bénin.


