À moins d’un mois du troisième sommet Russie-Afrique, prévu à Moscou les 28 et 29 octobre, la multiplication des attaques de drones ukrainiens dans la région de la capitale russe pose des questions de sécurité. Pour les délégations africaines, les perturbations répétées du trafic aérien constituent un risque concret pour le déplacement.
La situation s’est particulièrement tendue en septembre. Selon le maire de Moscou, Sergueï Sobianine, plus de 2 000 drones ont été détectés en direction de la région moscovite entre le 12 et le 19 septembre, dont 186 auraient été détruits à l’approche de la capitale. Dans la nuit du 19 au 20 septembre, les autorités russes ont annoncé avoir neutralisé plus de 1 600 drones sur plusieurs lignes de défense, dont 450 en direction de Moscou. Des drones ont néanmoins atteint une raffinerie et un immeuble résidentiel. Trois personnes ont été tuées dans la région, selon les autorités locales.
Ces attaques ont également des conséquences sur l’aviation civile. Les aéroports de Moscou ont connu à plusieurs reprises des restrictions temporaires lors des attaques de drones. En septembre, la compagnie Air Tanzania a même suspendu pendant trois jours sa liaison Dar es Salaam-Moscou, du 4 au 7 septembre, après une évaluation des conditions d’exploitation, avant de reprendre ses vols.
L’Agence européenne de la sécurité aérienne (EASA) maintient, jusqu’au 31 janvier 2027, une recommandation déconseillant aux opérateurs relevant de son champ d’application d’utiliser l’espace aérien russe à l’ouest du 60e méridien Est, qui comprend notamment la région de Moscou. L’agence évoque notamment les risques liés aux défenses antiaériennes, aux erreurs d’identification et aux perturbations de navigation.
Les délégations africaines doivent-elles s’inquiéter ?
Il est crucial que les délégations africaines attendues à Moscou, restent surtout attentives à l’évolution de la situation sécuritaire et aérienne. Les attaques de drones ukrainiens ont provoqué à plusieurs reprises des restrictions temporaires dans les aéroports russes, y compris autour de Moscou. La suspension momentanée de la liaison Dar es Salaam-Moscou par Air Tanzania illustre ces préoccupations.
Malgré ces alertes, Moscou affirme que l’aviation civile fonctionne normalement et que les mesures de sécurité sont renforcées. La question porte donc principalement sur les conditions de déplacement et la continuité des vols. Le sommet doit réunir des chefs d’État et de gouvernement africains ainsi que des représentants des secteurs économique et diplomatique.
Ezéchiel Dagbégnon PADONOU