Deux cadres importants de l’administration communale de Cotonou viennent de claquer la porte en l’espace de quelques jours. Des raisons personnelles officiellement invoquées, mais une succession de voyants interroge sur le climat de travail au sein de la mairie. À Cotonou, la démission du Secrétaire exécutif, Anges Paterne Amoussouga, ouvre une nouvelle séquence dont les dessous restent encore à éclaircir.
La lettre de démission d’Anges Paterne Amoussouga était-elle simplement l’expression d’un choix personnel ou traduit-elle un malaise plus profond au sein de l’administration municipale ? Pour l’heure, aucune réponse officielle ne permet de situer les uns et les autres. Mais la chronologie des événements suffit à alimenter la polémique. En effet, dans une correspondance datée du 30 septembre 2026 et enregistrée sous le numéro 6968, le Secrétaire exécutif a annoncé au maire son souhait de quitter ses fonctions. Le motif avancé est clair : des « raisons de convenance personnelle », auxquelles il associe la nécessité de préserver « sa santé et son équilibre personnel ».
Toutefois, Amoussouga se dit disposé à poursuivre ses responsabilités jusqu’à la prise d’effet de sa cessation de fonctions et à organiser la transmission des dossiers. Dans une communiqué, le maire de la ville de Cotonou a réagi. La réponse de l’édile apporte un élément nouveau au scénario. Luc Gnacadja a accepté la démission dès le 1er octobre, mais avec un effet différé au 31 octobre 2026. Pendant ce mois de transition, Anges Paterne Amoussouga reste donc pleinement en fonction. Le communiqué municipal va même plus loin.
Il précise que le désormais futur ex-Secrétaire exécutif devra remettre différents rapports et documents, dont certains seront examinés par le Conseil de supervision, et préparer le dossier de passation devant donner lieu à un procès-verbal le 30 octobre. Surtout, une phrase du communiqué mérite une attention particulière. « L’acceptation de la démission ne vaut pas quitus de gestion et demeure sans préjudice des contrôles et des suites légalement prévus. » Cette précision rappelle que son départ ne suspend pas les mécanismes ordinaires de contrôle de la gestion publique.
Deux départs rapprochés qui interpellent
C’est surtout la proximité de cette nouvelle démission avec le départ du Directeur des services techniques, Sabi Gourgui Orou-Gani il y deux semaines qui donne à cette démission une portée particulière. Deux cadres importants qui quittent l’administration municipale en un laps de temps aussi court, le fait est inhabituel et ne manque pas de susciter des questions. C’est précisément là que commence la zone d’incertitude. Il est vrai que les éléments actuellement disponibles ne permettent pas d’affirmer que ces départs seraient provoqués par la gestion du maire ou par des divergences entre l’exécutif municipal et les cadres concernés. Néanmoins, le départ d’un secrétaire exécutif d’une mairie n’est pas un acte anodin surtout avec le salaire qu’il gagne.
Malaise ou simple départ des cadres ?
Deux lectures sont possibles. La première est celle de départs individuels, motivés par des considérations personnelles propres à chaque responsable. La seconde est celle d’un malaise plus général qui peut progressivement apparaître dans les relations entre certains cadres techniques et le maire, Luc Gnacadja. Pour l’instant, la seconde raison reste à confirmer. Les prochains jours permettront donc de situer les uns et les autres. Une chose est certaine, si ces deux départs restent officiellement distincts, leur simultanéité place désormais la gestion du maire sous observation.
Alassane Touré