Cinq hommes ont été arrêtés à Maiduguri, dans l’État de Borno, au Nigeria, après avoir été retrouvés avec des T-shirts portant l’inscription « Tinubu Must Go », qui peut être traduite en français par « Tinubu doit partir ». L’affaire intervient à quelques mois de la présidentielle de 2027, à laquelle le président Bola Tinubu se présente pour un second mandat.
Les arrestations remontent au 25 septembre 2026, dans le secteur de West End Roundabout. Selon la police, les suspects sont poursuivis notamment pour conspiration criminelle, incitation au trouble, atteinte à l’ordre public et actes de banditisme. Le commandement affirme également avoir retrouvé sur eux des substances présentées comme des drogues ainsi que deux T-shirts portant le slogan politique.
Le récit policier est contesté. Le président de la branche locale de l’African Democratic Congress (ADC) affirme que certains des hommes participaient à une activité politique et que les autorités avaient été informées de leur rassemblement. Amnesty International, de son côté, considère que l’expression pacifique d’une opinion politique ne devrait pas être criminalisée.
La prochaine élection présidentielle et les législatives nigérianes sont prévues le 16 janvier 2027. La Commission électorale nationale indépendante (INEC) a publié une liste définitive de 18 candidats à la présidentielle, dont Bola Tinubu, candidat de l’APC à sa propre succession, ainsi qu’Atiku Abubakar et Peter Obi.
Cette affaire relance plus largement le débat sur les restrictions de la liberté d’expression en Afrique. Au Cameroun, le jeune Patrick Mengue a été condamné à six mois de prison après un commentaire publié à la suite de l’annonce du décès de l’ancien président du Sénat, Marcel Niat Njifenji.
Ezéchiel Dagbégnon PADONOU