Rien ne bouge au sein de la mouvance présidentielle constituée par les deux partis politiques, Union Progressiste le Renouveau (Upr) et le Bloc Républicain (Br). Sur les plans administratif et politique, les deux partis se muent dans un silence coupable quand il faut se prononcer sur les questions brulantes de l’actualité. Depuis leur création, aucun changement évident dans la direction de ces formations politiques. Aujourd’hui, tout porte à croire que ces partis jouent au formalisme politique pour satisfaire les besoins de tierces personnes sans pour autant se préoccuper du rôle dévolu aux partis dans un pays qui se dit démocratique.
Joseph Djogbénou est président de l’Union Progressiste le Renouveau (Upr) depuis le 16 juillet 2022 après avoir succédé à Bruno Amoussou. Malgré son nouveau statut de Président de l’Assemblée Nationale du Benin, ce dernier s’accroche à la présidence du parti qu’il a créé pour soutenir la gouvernance de l’ex président du Bénin, Patrice Talon. Depuis sa création le 19 Mai 2019, l’Upr n’a connu qu’un seul changement à sa tête.
Au Bloc Républicain, la stagnation est plus criarde. Même devenu président du Conseil Economique et Social (CES), Abdoulaye Bio Tchané demeure le patron du Br depuis la création du parti le 8 Décembre 2018. Chez les Démocrates, la plus grande formation politique de l’opposition, c’est bientôt le cinquième changement à la tête du parti. Après Eric Houndété, Boni Yayi, Eric Houndété puis Nourenou Atchadé, le parti tiendra son deuxième congrès ordinaire les 10 et 11 octobre prochain à Porto.Novo et élira certainement un nouveau président à sa tête. Une véritable expression démocratique de la gouvernance de ce parti qui bouge contrairement la mouvance qui, dans une apparente stabilité reste statique sans apporter des contributions à l’amélioration de la politique de développement du pays.
En matière d’animation de la vie politique nationale, les deux partis de la mouvance ne sortent et ne sont visibles que lors des échéances électorales. Ils ne se prononcent presque jamais sur les questions d’actualité peu importe l’ampleur du sujet. Depuis 2019, la présence de ces partis au parlement ressemble plus à une formalité pour permettre au gouvernement de dérouler son agenda sans le moindre blocage ni critique qui pourrait pourtant permettre aux dirigeants de mieux mener leur politique de développement. Au cours des 8ème, 9ème et 10ème législatures, les deux partis de la mouvance ne porte aucune critique sur les actions et décisions du gouvernement dont ils soutiennent la politique. Aucun débat objectif profitable au peuple qu’ils sont sensés représenter au Palais des Gouverneurs à Porto Novo n’est mené, mais les textes sont votés.
Aucune dénonciation, pas de déclaration publique pour soutenir les actions du gouvernement en tant que partis de la mouvance.
A la mouvance présidentielle, les partis politiques sont donc démocratiquement dirigés sans passation de main, sans liberté de parole, de prise de position, et sans aucune possibilité pour les militants de porter des critiques sur non seulement la gestion de leurs partis, mais aussi et surtout pas sur les actions du gouvernement même si les critiques devraient déboucher sur les propositions visant à améliorer les conditions de vie et de travail des béninois. En d’autres termes, c’est à croire que lorsque vous êtes de la mouvances, c’est-à-dire militants des partis Upr et Br, vous êtes condamnés à subir sans pouvoir rien faire jusqu’à ce que vous démissionnez. Depuis le 24 Mai 2026, le Bénin a, à sa tête, un nouveau président qui prend des décisions, mène des actions et opère des reformes qui nécessitent l’appréciation des partis politiques même s’il y a trêve politique. Mais Joseph Djogbénou, Bio Tchané et leurs sociétaires ne diront rien.
Il est donc clair que ça stagne à l’Upr et au Br dans un pays démocratique où l’animation de la vie politique nationale est un droit et un devoir que chaque parti politique se doit de remplir en dépit de la trêve, pour la diversité d’opinion, et le pluralisme qu’exige la démocratie.
CPO