Trois ans après sa chute, Ali Bongo Ondimba rompt le silence. Dans un entretien accordé au média gabonais Info241, l’ancien chef d’État gabonais revient sur les circonstances de sa destitution du pouvoir et annonce la fin de sa carrière électorale.
Dans un entretien accordé au média gabonais Info241, l’ancien président écarte toute possibilité d’un retour dans la course présidentielle. « Je ne me présenterai plus à des élections. Ce chapitre de ma vie est clos », a-t-il affirmé sans ambiguïté.
Il revient également sur les circonstances de sa destitution. Il affirme avoir appelé au calme afin d’éviter une confrontation sanglante et estime que l’histoire et le peuple gabonais jugeront les événements. « J’ai appelé au calme, comme vous vous en souvenez sans doute. Alors que ceux qui avaient juré de me protéger avaient choisi une autre voie, je ne voulais pas qu’une seule goutte de sang gabonais soit versée pour moi », a-t-il révélé.
L’ancien chef de l’État ne prévoit toutefois pas de quitter immédiatement la vie politique. Toujours président du Parti démocratique gabonais (PDG), il dit vouloir « passer le flambeau » et préparer une nouvelle génération capable de proposer une alternative politique, avant de se retirer progressivement.
« Je préside le PDG et ma mission est de passer le flambeau, puis de préparer une nouvelle génération afin qu’il existe une alternative pour le peuple gabonais, s’il le souhaite. Ensuite, mon intention est de m’effacer pour lui laisser la place. C’est ainsi que l’on sert lorsque l’on a déjà occupé toutes les fonctions », a-t-il confié.
Ali Bongo, qui vit actuellement hors du Gabon, évoque aussi un possible retour lorsque certaines conditions seront réunies. « C’est ce que je souhaite plus que tout. Le Gabon est ma patrie et je ne peux m’en séparer. J’y retournerai lorsque les conditions de droit et de sécurité le permettront, pour moi-même et pour ma famille », a-t-il affirmé. Cette déclaration ferme donc la porte à un retour d’Ali Bongo dans la compétition électorale, sans pour autant marquer son retrait complet du débat politique gabonais
Ali Bongo à été renversé le 30 août 2023 par un coup d’État militaire dirigé par Brice Clotaire Oligui Nguema, son aide de camp. Après l’annulation de sa réélection contestée d’août 2023, Ali Bongo a été placé en résidence surveillée. Oligui Nguema a dirigé une transition, marquée par une nouvelle Constitution. Il a ensuite remporté l’élection présidentielle d’avril 2025 avec 94,85 % des voix pour être investi président.
Ezéchiel Dagbégnon PADONOU