Le groupe d’experts des Nations unies sur la République démocratique du Congo révèle que l’AFC/M23 poursuivrait un ambitieux projet politique allant bien au-delà du contrôle militaire de l’est du pays. Le rapport évoque également le rôle présumé de Joseph Kabila et un soutien militaire rwandais toujours important aux rebelles.
L’Alliance Fleuve Congo/ Mouvement du 23 mars (AFC/M23) continuerait de poursuivre un objectif de renversement du gouvernement congolais tout en promouvant la création d’une « République fédérale du Congo ». C’est l’une des principales conclusions du dernier rapport du groupe d’experts des Nations unies sur la République démocratique du Congo rendu public ce mercredi 01 juillet. Selon les experts, le mouvement rebelle envisage également, à défaut de parvenir à ses fins, l’établissement d’une région autonome dans l’est du pays.
Le rapport indique que cette stratégie s’accompagne d’une volonté de mettre en place des structures administratives et politiques dans les zones sous contrôle de l’AFC/M23. Les experts estiment que cette démarche traduit une ambition de transformation profonde de l’organisation de l’État congolais, au-delà des revendications sécuritaires initialement avancées par le mouvement.
Joseph Kabila cité dans le rapport
Le document onusien évoque également l’ancien président Joseph Kabila, à qui seraient destinées des « fonctions de premier plan » au sein de la rébellion. Selon les experts, sa visibilité croissante et les déclarations du président rwandais Paul Kagame laissant entendre qu’il pourrait diriger le mouvement contribueraient à renforcer le récit selon lequel l’AFC/M23 serait un mouvement exclusivement congolais répondant à une crise interne, occultant ainsi le rôle attribué au Rwanda.
Une présence militaire rwandaise toujours dénoncée
Les Nations unies estiment par ailleurs les forces combattantes de l’AFC/M23 à près de 30 000 hommes. Le rapport affirme que le Rwanda maintient entre 14 000 et 18 000 soldats dans les provinces du Nord-Kivu et du Sud-Kivu. Les experts soutiennent également que certains militaires rwandais auraient récemment commencé à porter des uniformes du M23 afin d’échapper à leur identification.
Ces nouvelles révélations interviennent alors que les efforts diplomatiques se multiplient pour tenter de mettre un terme au conflit qui déstabilise l’est de la RDC depuis plusieurs années et qui continue d’aggraver la crise humanitaire dans la région.
Ezéchiel Dagbégnon PADONOU