Guinée : cinq raffineries d’alumine attendues d’ici 2030
La Guinée ambitionne de construire cinq raffineries d’alumine opérationnelles d’ici 2030, afin de transformer localement une plus grande partie de sa bauxite. Trois projets sont déjà en chantier, selon Daouda Diakité, conseiller principal du ministre guinéen des Mines et de la Géologie, lors du « Sommet des mines africains 2026 » ( African Mining Week 2026), organisée au Cap, en Afrique du Sud

du 14 au 16 octobre.
Cette stratégie s’inscrit dans le programme de développement « Simandou 2040 », qui vise à faire du pays un pôle industriel régional. La Guinée prévoit d’atteindre une capacité annuelle de production comprise entre sept et huit millions de tonnes d’alumine d’ici la fin de la décennie.
Les projets en cours impliquent notamment des entreprises chinoises, dont SPIC et Chalco, ainsi que le consortium SMB-Winning. Le gouvernement souhaite également attirer des investissements dans la production d’acier, les infrastructures de transport et l’approvisionnement énergétique.
La bauxite est le principal minerai utilisé pour produire l’alumine, une matière première qui sert ensuite à fabriquer l’aluminium, indispensable notamment à l’industrie automobile, à l’aéronautique, à la construction, aux emballages et aux équipements électriques.
Selon l’Institut d’études géologiques des États-Unis (USGS), la Guinée détient environ 7,4 milliards de tonnes de réserves de minerai, soit près du quart des réserves mondiales estimées. En 2025, elle était également le premier producteur mondial de ce minerai, avec environ 150 millions de tonnes extraites. Mais le pays exporte encore une grande partie de son minerai sans transformation locale. Le développement des raffineries pourrait accroître les recettes nationales, favoriser la création d’emplois et renforcer l’industrialisation.
Toutefois, le défi énergétique demeure majeur. Selon Reuters, le pays produit environ 1 000 mégawatts d’électricité, alors que ses ambitions industrielles pourraient nécessiter jusqu’à 10 000 mégawatts. La réalisation des cinq raffineries dépendra donc aussi de la capacité à fournir une énergie fiable et abordable.
Cette annonce intervient dans un contexte où plusieurs pays africains multiplient les initiatives visant à transformer localement leurs matières premières afin de créer davantage de valeur ajoutée et de réduire leur dépendance aux exportations de produits bruts.
Plusieurs pays africains sont le Zimbabwe, le Ghana ou la République démocratique du Congo ont également annoncé des politiques d’industrialisation similaires. Cela traduit une volonté croissante de faire des ressources naturelles un levier de création d’emplois, de diversification économique et de développement industriel.
Ezéchiel Dagbégnon PADONOU










Commentaires (0)