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Décès de détenus à la prison civile de Cotonou : Le silence inquiétant de l'APB

Le décès de cinq détenus, le 17 octobre 2026, dans le bâtiment H de la prison civile de Cotonou, remet au premier plan la question préoccupante de la surpopulation carcérale et des conditions de détention au Bénin. Face à ces drames à répétition, l’Agence pénitentiaire du Bénin et le ministère de la Justice doivent sortir du silence et éclairer l’opinion publique sur les réelles causes de ce

Décès de détenus à la prison civile de Cotonou  :  Le silence inquiétant de l'APB

dernier cas qui défraie la chronique depuis quelques heures. Combien de morts faudra-t-il encore pour que la surpopulation carcérale cesse d’être une préoccupation reléguée au second plan ? Qu'est ce qui empêche l'amélioration des conditions de détention au Bénin ? Le décès de cinq détenus dans le bâtiment H de la prison civile de Cotonou, le 17 octobre dernier, ravive une question fondamentale.

Que se passe-t-il réellement derrière les murs de nos prisons ? En effet, ces disparitions ne peuvent être considérées comme un fait isolé. La situation des détenus dans les établissements pénitentiaires béninois a déjà suscité de sérieuses inquiétudes. Dans un rapport, Amnesty International a indiqué que 46 détenus étaient morts dans quatre prisons entre janvier et juillet 2023. En novembre 2024, deux détenus ont également perdu la vie à la prison civile d’Abomey-Calavi, dans des circonstances tragiques.

De fortes chaleurs avaient alors été évoquées comme une cause possible, selon des informations rapportées par des médias. Ces précédents devraient suffire à imposer une réaction diligente des autorités compétentes sans attendre. Pourtant, à chaque nouveau drame, les mêmes interrogations reviennent sur la table. Les conditions de détention sont-elles suffisamment surveillées ? Quelles sont les circonstances de décès des détenus ? Qui sont les responsables ? Et surtout, quelles mesures concrètes sont prises pour prévenir de nouvelles pertes en vies humaines ?

Ces différentes questions se confrontent toujours au mutisme des autorités en charge des milieux carceraux au Bénin. Dans ces circonstances, le silence de l’Agence pénitentiaire du Bénin serait difficilement compréhensible. Cette structure devrait être en première ligne pour informer l’opinion publique sur les circonstances des décès, les conditions de détention dans le bâtiment concerné et les éventuelles mesures d’urgence prises. Le ministère de la Justice est lui aussi attendu.

 La transparence ne doit pas être une option, mais une exigence élémentaire de responsabilité publique, car derrière chaque détenu, il y a une vie humaine. Le détenu a aussi des droits même s'il est déjà reconnu coupable d'un crime. Dans le cas où il est en détention préventive, il mérite d'autant plus une attention particulière, car sa culpabilité n'est pas établie. Ils attendent encore leur jugement et bénéficient, à ce titre, de la présomption d’innocence.

Leur incarcération ne saurait justifier qu’ils soient exposés à des conditions capables de mettre leur vie en danger. La privation de liberté ne signifie ni la privation de dignité ni l’abandon du droit à la vie. Il revient donc aux autorités judiciaires compétentes de faire établir les causes exactes de ces décès, d’entendre les responsables concernés et de déterminer les éventuelles responsabilités individuelles ou institutionnelles. Si des manquements sont établis, leurs auteurs devront répondre de leurs actes, dans le respect des procédures légales.

Au-delà des explications attendues sur le drame du 17 octobre, c’est une réponse structurelle qui s’impose. Il s'agit du désengorgement des prisons, de l'amélioration des conditions de détention, du suivi sanitaire et du contrôle effectif des établissements pénitentiaires. L’Apb et le ministère de la Justice sont désormais attendus au pied du mur. La lumière doit être faite, les responsabilités établies et les mesures correctives engagées. Sans cela, le risque est grand de voir se répéter les mêmes tragédies, derrière les mêmes murs et dans le même silence.

Mohamed Yèkini

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