Arrondissement de Zinvié : Gbodjè au fond de l'eau
À Gbodjè, dans l'arrondissement de Zinvié, commune d'Abomey-Calavi, la crue a transformé le quotidien des populations en épreuve de survie. Champs engloutis, récoltes compromises, animaux disparus, habitations abandonnées : depuis plus d'une quinzaine de jours, les populations paient un lourd tribut à la montée des eaux. Entre désolation, déplacements forcés et déplacements en pirogue devenus

incontournables, le village lance un cri de détresse et attend des réponses concrètes.
À Gbodjè, l'eau dicte désormais sa loi. Là où les habitants cultivaient leurs terres, entretenaient leur bétail et vaquaient librement à leurs occupations, règne aujourd'hui une désolation difficile à décrire. Les champs sont submergés, les récoltes menacées ou perdues, tandis que des animaux ont disparu dans les eaux. Pour ces paysans, qui avaient déjà mis en terre leurs cultures, la crue est un coup dur qui menace directement leurs moyens de subsistance.
En effet, le désastre ne s'arrête pas aux champs. Des habitations sont inondées et devenues inhabitables. De nombreuses familles ont dû abandonner le village pour trouver refuge à Zinvié-centre et dans les localités environnantes. Seules quelques constructions en matériaux solides résistent encore à la furie des eaux.
Un pont englouti : des traversées devenues hors de prix
Pour faciliter les déplacements, il y avait eu la construction d'un pont permettant de traverser le lac sans recourir aux pirogues. Mais aujourd'hui, l'ouvrage est lui-même submergé. Les barques restent donc le principal moyen de déplacement, au prix d'une traversée dont le tarif serait passé de 50 à 500 francs CFA par personne. Dans cette détresse collective, les conducteurs de barques sont parmi les rares à tirer profit de la situation. C'est du jamais vu pour cette population.
Au-delà des pertes matérielles, c'est toute une communauté qui vacille. Comment nourrir les familles lorsque les champs sont sous l'eau ? Comment reconstruire lorsque les maisons sont inhabitables ? Et surtout, comment empêcher que cette catastrophe ne se répète avec une ampleur toujours plus inquiétante ?
Les populations appellent à des mesures durables en passant par des infrastructures adaptées, des espaces de refuge surélevés et des solutions efficaces pour faciliter les déplacements en période de crue. L'urgence est humanitaire, mais le défi est aussi structurel.
Le CA Gérard Falade attendu sur le terrain ce mercredi
Face à cette situation préoccupante, le chef d'arrondissement de Zinvié, Gérard Falade, et le médecin-chef du centre de santé de Zinvié, le Dr Gildas Agbokpela, annoncent une descente conjointe à Gbodjè, ce mercredi 21 octobre 2026, à 16 heures. Cette visite doit permettre de constater l'ampleur du sinistre, d'apporter un soutien moral aux sinistrés et d'envisager des mesures urgentes, notamment sur le plan sanitaire. Pour Gbodjè, cette présence annoncée suscite l'espoir.
Mais au-delà des constats et des paroles de réconfort, les habitants attendent des actes à la hauteur de leur détresse. Car lorsque l'eau emporte les récoltes, chasse les familles de leurs maisons et isole un village, la solidarité ne peut être une simple promesse : elle doit devenir une réponse concrète.
Gildas AHOGNI










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