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Ministère du Cadre de vie : La nomination d'un DG à ''casseroles" fait grincer des dents

La nomination d’un ancien Directeur général en service au ministère du Cadre de vie et des transports en charge du développement durable soulève des interrogations au regard du scandale qui a conduit à son limogeage de son poste qu'il occupait jusque-là. Une situation qui interpelle sur la rigueur dans l’utilisation des ressources publiques, d’autant que cet ancien responsable figure parmi

Ministère du Cadre de vie : La nomination d'un DG à ''casseroles" fait grincer des dents

les personnes entendues dans le cadre d’un dossier présumé de malversations financières pendant devant la Cour de répression des infractions économiques et du terrorisme (Criet).

S'il est vrai que son implication n’est pas définitivement établie par la justice, le retour aux responsabilités de l'ancien directeur général de l'environnement et du climat pose néanmoins une question de cohérence dans la gouvernance publique. Et pour cause ! Selon un rapport de l’Inspection générale du ministère sur la gestion des ressources du projet Couche d’ozone, des écarts importants entre les montants prévus au titre des primes et les sommes effectivement perçues par les différents bénéficiaires ont été relevés.

Les données figurant dans le document mis à notre disposition font apparaître des différences considérables entre les montants initialement prévus et ceux effectivement perçus au titre des primes liées à la Convention de Vienne sur la protection de la couche d’ozone et au protocole de Montréal relatif aux substances qui l’appauvrissent et ce depuis 2017. Le rapport fait ressortir un écart négatif cumulé de 31 325 019 Fcfa et un écart positif de 41 658 985 Fcfa.

Ces montants, qui traduisent des différences importantes entre les sommes attendues et celles constatées, appellent des explications précises sur les mécanismes d’attribution et de contrôle des primes. En consultant le document, d’autres bénéficiaires apparaissent dans la colonne des écarts négatifs, avec des montants perçus alors qu’aucune somme n’était inscrite comme prévisionnelle.

Une pratique qui interroge sur les critères ayant servi à déterminer les bénéficiaires, les montants attribués et les périodes de paiement. Le rapport signale l’exécution de la majorité des dépenses sans respect des procédures de mise en concurrence, notamment par consultation restreinte ou demande de cotation.

Un retour aux affaires qui interroge

C’est dans ce contexte que la nomination d’un ancien directeur général du ministère du Cadre de vie suscite la polémique. L’intéressé fait partie des personnes entendues dans le cadre d’un dossier présumé de malversations financières transmis à la Criet. La justice doit établir les responsabilités individuelles sur la base des éléments du dossier. La question demeure néanmoins celle de l’opportunité d’un retour aux responsabilités dans un contexte où des interrogations persistent sur la gestion des ressources publiques.

Pour les citoyens, la lutte contre les malversations doit également se traduire par une exigence de transparence, de redevabilité et de cohérence dans les décisions administratives. En nommant en Conseil des ministres un cadre qui est cité dans une affaire devant la justice, le gouvernement du président de la République, Romuald Wadagni, est ainsi confronté à un enjeu de crédibilité. La politique d’assainissement des finances publiques exige que chacun se rende disponible pour répondre de ses actes.

Selon les indiscrétions, les différentes parties seront à nouveau écoutées par la Criet le 22 Octobre prochain. Les 41,66 millions de Fcfa d’écarts positifs relevés dans le tableau, les 31,33 millions de Fcfa d’écarts négatifs, les primes accordées en dehors des prévisions contractuelles et les insuffisances documentaires signalées par l’inspection constituent autant de points qui méritent des éclaircissements.

L'ancien directeur n'est certes pas coupable, mais il doit être relevé de ses fonctions en attendant que des réponses précises soient données sur les conditions d’attribution des primes et les contrôles effectués. L’assainissement des finances publiques se juge à la volonté de faire toute la lumière sur les irrégularités signalées. Dans cette affaire, les explications des responsables concernés et les conclusions de la justice restent donc attendues.

Alassane Touré

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