Une nouvelle flambée de violences entre Israël et le Hezbollah a failli faire dérailler le rapprochement engagé entre les États-Unis et l’Iran. Après plusieurs heures de tensions, les médiateurs ont obtenu un cessez-le-feu qui permet de préserver, au moins temporairement, les chances d’un accord plus large au Moyen-Orient.
Israël et le Hezbollah sont convenus vendredi d’un cessez-le-feu entrant en vigueur dans l’après-midi, a annoncé un responsable américain. Cet accord intervient après une journée particulièrement meurtrière au Liban, où des frappes israéliennes ont fait au moins 18 morts et 33 blessés, tandis que quatre soldats israéliens, dont un officier supérieur, ont été tués lors d’affrontements avec le mouvement chiite libanais.
Cette escalade a directement affecté le processus de normalisation entre Washington et Téhéran. Les discussions techniques prévues ce vendredi en Suisse pour mettre en œuvre l’« Islamabad Memorandum of Understanding » ont été reportées après le refus de la délégation iranienne de se déplacer dans un contexte de reprise des combats au Liban. Le vice-président américain JD Vance, qui devait conduire la délégation américaine, a également annulé son déplacement.
La crise a mis en lumière les divergences croissantes entre Washington et le gouvernement israélien. Jeudi, JD Vance a adressé une mise en garde inhabituelle aux autorités israéliennes, leur demandant de ne pas compromettre les efforts diplomatiques engagés par l’administration Trump. Selon plusieurs médias américains, le vice-président a rappelé que Donald Trump demeurait aujourd’hui le principal soutien international d’Israël et a exhorté les responsables israéliens à ne pas fragiliser un accord qu’il juge essentiel à la stabilité régionale.
Négocié avec l’appui du Qatar et du Pakistan, le mémorandum entre les États-Unis et l’Iran vise notamment à réduire les tensions régionales, sécuriser la navigation dans le détroit d’Ormuz et ouvrir la voie à de nouvelles discussions sur le nucléaire iranien. Mais les événements survenus au Liban démontrent combien ce processus demeure vulnérable aux soubresauts du terrain.
Ezéchiel Dagbégnon PADONOU