La mise en lumière de l’article 544 du Code pénal béninois suscite des réactions dans le rang de certains jeunes. Ceux qui voyaient dans les espaces publics un terrain pour assouvir certains fantasmes sexuels doivent désormais composer avec le risque d’une sanction pouvant aller jusqu’à deux ans d’emprisonnement et 250 000 francs CFA d’amende.
Ils étaient nombreux à considérer les jardins publics, les plages, l’intérieur des véhicules ou encore certains endroits discrets comme des lieux propices à la réalisation de fantasmes amoureux. Mais depuis que les dispositions de l’article 544 du Code pénal béninois circulent davantage sur les réseaux sociaux, une certaine inquiétude gagne une partie de la jeunesse.
En effet, selon le texte cité, constitue un outrage public à la pudeur « tout acte impudique » commis intentionnellement dans un lieu public ou ouvert au public, lorsqu’il porte atteinte aux bonnes mœurs et au sentiment moral des personnes qui en sont témoins. La sanction prévue est une peine de trois mois à deux ans d’emprisonnement et une amende de 50 000 à 250 000 francs CFA, ou l’une de ces deux peines seulement.
Ce qui préoccupe particulièrement certains jeunes, c’est donc le risque d’être surpris en plein acte dans un espace public. L’objectif n’est plus seulement de trouver un endroit suffisamment discret. Il faut désormais mesurer le risque juridique lié au choix du lieu. Martin, qui affirme avoir déjà réalisé un fantasme de ce genre, reconnaît aujourd’hui devoir être plus prudent. « Moi, il m’est arrivé de réaliser un fantasme du genre et c’était agréable. Mais là, je dois me méfier », confie-t-il. Même réaction chez Ruth, qui dit avoir découvert l’existence de cette disposition sur Facebook. « Heureusement pour moi, j’ai déjà réalisé ce fantasme. Je ne vais plus m’aventurer sur ce terrain au risque d’être punie par la loi », explique-t-elle. Gloria, elle, regrette déjà ce qu’elle considère comme une restriction à ses projets. « Ça m’énerve même lorsque j’ai eu vent de l’article », déclare-t-elle, avant d’ajouter qu’elle préfère désormais renoncer à ce fantasme plutôt que de risquer une sanction.
La prudence s’impose
À l’Université d’Abomey-Calavi, notamment autour du Jardin U et du Jardin botanique, certains étudiants ont déjà fait de ces espaces des lieux de rencontres discrètes. Les plages, les toilettes des bars, l’intérieur des véhicules et bien d’autres, constituent également des endroits où des couples continuent de rechercher davantage d’intimité. Mais la médiatisation de l’article rappelle une réalité : un espace public n’est pas une chambre privée. Et lorsque des actes sont commis publiquement et que leurs auteurs sont surpris, ils peuvent s’exposer aux rigueurs de la loi.
Pour les amoureux désireux de vivre leur intimité sans s’exposer à ce risque, les chambres d’hôtel ou tout autre espace véritablement privé apparaissent ainsi comme des alternatives plus appropriées. La quête du fantasme ne devrait donc pas faire oublier les limites fixées par la loi.
ASG