Des graffitis hostiles aux paramilitaires russes sont apparus à Bamako. Ils traduisent la colère d’une partie de la population face à l’inefficacité du partenariat militaire avec la Russie.
Après plusieurs défaites militaires, la coopération avec Moscou est aujourd’hui remise en cause.
Au quartier Quinzambougou, à Bamako, des inscriptions sont apparues sur les murs ces derniers jours. On peut y lire : « La Russie dégage », « La Russie tue le Mali », « La Russie traître ». Ces messages, photographiés et partagés par le journaliste malien Malick Konaté, montrent un mécontentement qui ne se cache plus.
La présence des paramilitaires russes d’Africa Corps, qui ont remplacé le groupe Wagner après la mort d’Evgueni Prigojine en août 2023, est désormais ouvertement critiquée. Pour beaucoup de Maliens, ces forces étrangères n’apportent pas la sécurité promise.
En 2020, après le départ des troupes occidentales, le Mali s’est tourné vers la Russie pour assurer sa défense. Des milliards de dollars ont été investis. Des contrats miniers ont été signés. L’objectif affiché est de retrouver la stabilité et l’indépendance militaire.
Mais sur le terrain, les résultats ne suivent pas. Depuis plusieurs semaines, l’armée malienne et ses alliés russes subissent des revers. Fin avril 2026 après des attaques revendiquées par le FLA et le JNIM, ils ont dû quitter précipitamment Kidal, une ville stratégique du Nord. Les groupes djihadistes du JNIM et les rebelles touaregs du Front de libération de l’Azawad ont repris l’offensive.
Des images diffusées sur les réseaux sociaux montrent des convois russes et maliens fuyant Kidal, abandonnant du matériel et des positions. La Russie, présentée comme le pilier de la sécurité du régime, n’a pas pu empêcher l’avancée ennemie.
En plus de l’échec militaire, des témoignages accusent souvent Africa Corps d’exactions contre les populations civiles. A titre illustratif, l’organisation serait responsable d’un bombardement à sous-munitions sur des civils à Tadjmaré, près de Kidal le 17 mai 2026. L’attaque aurait fait un mort et plusieurs blessés.
L’usage de ces bombes est pourtant interdit par la Convention d’Oslo de 2008, que le Mali a ratifiée. Ces accusations renforcent le sentiment d’injustice et la défiance envers les forces étrangères présentes sur le sol malien. Entre stratégie militaire inefficace et mécontentement du peuple le partenariat entre le Mali et la Russie montre ses limites.




Ezéchiel Dagbégnon PADONOU