Le nouveau gouvernement béninois intrigue déjà par certaines modifications dans l’intitulé des ministères. Parmi elles, la création du ministère de la Communication en charge des Médias attire particulièrement l’attention des professionnels de la presse. Après près de dix ans de suspension de l’aide publique à la presse sous le régime de Patrice Talon, plusieurs observateurs s’interrogent : cette nouvelle dénomination annonce-t-elle le retour de ce mécanisme de soutien aux organes de presse ?
Depuis 2016, l’aide à la presse accordée aux médias béninois avait été suspendue dans le cadre des réformes engagées par le président Patrice Talon. À l’époque, les autorités estimaient nécessaire d’assainir le secteur médiatique et de mettre fin à certaines pratiques jugées peu transparentes dans la gestion des subventions publiques destinées aux organes de presse.
En effet, cette décision avait profondément marqué le paysage médiatique national. Plusieurs responsables de médias avaient dénoncé une mesure fragilisant davantage des entreprises de presse déjà confrontées à des difficultés économiques, à la baisse des revenus publicitaires et à la concurrence du numérique. Aujourd’hui, avec la mise en place du ministère de la Communication en charge des Médias dans le nouveau gouvernement, les spéculations renaissent autour d’un éventuel retour de l’aide publique à la presse. Pour de nombreux observateurs, le choix d’associer explicitement les “médias” à l’intitulé du ministère pourrait traduire une volonté des nouvelles autorités de repositionner le secteur au cœur des priorités gouvernementales.
Dans les rédactions comme au sein des associations professionnelles, certains espèrent que cette évolution ouvrira la voie à un dialogue plus poussé entre l’État et les acteurs des médias. D’autres restent toutefois prudents, rappelant que le changement de dénomination d’un ministère ne signifie pas automatiquement le retour des subventions.
Au-delà de la question financière, plusieurs professionnels plaident surtout pour la mise en place d’un mécanisme moderne, transparent et équitable d’accompagnement des médias, fondé sur des critères professionnels et de performance.
Pour l’heure, aucune annonce officielle n’a encore été faite sur un éventuel rétablissement de l’aide à la presse. Mais une chose est certaine : la nouvelle appellation du ministère relance le débat sur la place des médias dans la gouvernance publique au Bénin.
Gildas AHOGNI