Quelques heures après sa prestation de serment au palais des Congrès de Cotonou, ce dimanche 24 Mai 2026, le désormais locataire du Palais de la Marina, le président Romuald Wadagni forme son gouvernement. Dans son équipe gouvernementale, le tout nouveau président de la République n’a intégré aucun membre des partis de l’opposition au régime de son prédécesseur.
Élu à plus de 94% des suffrages valablement exprimés selon les chiffres de la Commission Électorale Nationale Autonome (CENA) confirmés par la Cour Constitutionnelle, le président Romuald Wadagni vient de déjouer tous les pronostics qui annonçaient la formation d’un gouvernement d’union nationale. Selon de nombreuses attentes, l’équipe gouvernementale devrait regrouper toutes les sensibilités de la société béninoise et surtout les formations politiques ayant surtout contribué d’une manière ou d’une autre au plébiscite du président élu. Parmi les 21 membres du gouvernement constitué, aucun opposant soit-il transhumant ou pas ne figure malgré les efforts consentis pendant les deux semaines de campagnes pour la présidentielle.
Les anciens membres du parti Les démocrates (LD) tels que le premier vice président Éric Houndété, le Secrétaire National à la Communication Guy Dossou Mitokpè, le Secrétaire Chargé des affaires Extérieures et fils de l’ancien président Boni Yayi, Chabi Yayi, le Trésorier Général du parti Justin Adjovi, le député honoraire Patrick Djivo, le député Michel Sodjinou et encore moins les autres députés LD ayant rallié en 2025 ou 2026 la mouvance présidentielle ainsi que les coordinateurs et autres vices présidents LD, bref, n’ont pu bénéficier de la confiance du nouveau président qui a préféré composer avec les siens. Romuald n’a certainement pas lu et signé avec Éric Houndété et ses soutiens, le Pacte Républicain qui, à la veille des campagnes pour la présidentielle, fut porté sur les fonds baptismaux pour participer activement à son élection et participer par la suite à la gestion des affaires au sommet de l’État.
Heureusement, ces reconvertis politiques des LD ne sont pas les seuls abandonnés au bord du trottoir. Les militants et responsables des partis politiques tels que le Mouvement Populaire de Libération (MPL), la Grande Solidarité Républicaine (GSR), la Nouvelle Force Nationale (NFN) et ceux des nombreux mouvements de soutiens déclarés au candidat Romuald Wadagni élu président, n’ont pu trouver de place dans la barque gouvernementale.
Et pourtant, ils avaient tous espoir de rentrer dans le gouvernement qui pour participer à la construction du pays, qui pour éviter de sombrer politiquement, qui pour se refaire économiquement et socialement après plusieurs années de vache maigre au sein de l’opposition.
De ce premier gouvernement du régime Wadagni, tous les transhumants sont donc écartés en attendant de voir si éventuellement, le nouveau président pourra les consoler en les nommant à d’autres postes de responsabilité en dehors de l’exécutif.
Norbert Adjakoun