L’interdiction de plusieurs produits éclaircissants par l’Agence béninoise du médicament et des autres produits de santé (ABMed) relance le débat sur d’autres substances dangereuses en circulation au Bénin. Si les autorités sanitaires ont décidé d’agir contre des cosmétiques jugés nocifs, de nombreuses voix s’interrogent désormais sur le cas du tramadol, communément appelé “Atinkinkouin”, dont les effets destructeurs continuent de faire des ravages chez les consommateurs, notamment les jeunes.
L’Agence béninoise du médicament et des autres produits de santé (ABMed) a récemment interdit la commercialisation de plusieurs produits éclaircissants sur le territoire national. Cette décision, motivée par des raisons de santé publique, concerne au total douze produits cosmétiques considérés comme dangereux pour les utilisateurs.
En effet, parmi les produits visés figurent Epiderm Crème, Dermaclair, Movate, Caro Light, Clobetaderm White Cream, Coco Pulp, Fair & White, Dermovate, Skin Light, Rapid Clair, Abidjanaise ainsi que Glutanex Injectable. Pour l’ABMed, ces produits présentent des risques importants pour la santé et leur retrait du marché apparaît comme une mesure de protection des populations. Cette décision sanitaire est largement saluée par de nombreux citoyens et acteurs de la santé. Mais elle soulève également une autre interrogation majeure : pourquoi le tramadol, connu sous le surnom d’“Atinkinkouin”, continue-t-il d’être accessible malgré ses effets dévastateurs ?
Depuis plusieurs années, le tramadol est pointé du doigt pour les graves conséquences qu’il entraîne chez les consommateurs. Addiction, troubles mentaux, comportements violents, dépendance sévère et détérioration de l’état de santé figurent parmi les dangers régulièrement dénoncés. Dans plusieurs localités, notamment chez les jeunes conducteurs de taxi-moto et certains ouvriers, ce produit est consommé pour stimuler l’endurance physique, au mépris des risques encourus.
Face à cette réalité, de nombreux observateurs estiment qu’une action plus ferme des autorités sanitaires et sécuritaires devient urgente. Pour eux, l’interdiction des produits éclaircissants constitue un signal fort, mais la lutte pour la santé publique ne saurait s’arrêter là.
La question reste donc entière : après les crèmes éclaircissantes, à quand l’interdiction effective du tramadol vendu de manière anarchique dans les rues et marchés du Bénin ?
Gildas AHOGNI