Le président sud-africain Cyril Ramaphosa a condamné lundi les violences visant des ressortissants étrangers dans plusieurs quartiers du pays. Dans un message officiel publié depuis la présidence sud-africaine ce lundi 11 avril, il a appelé au respect strict des lois tout en défendant un renforcement de la lutte contre l’immigration illégale.
Face à la montée des tensions xénophobes en South Africa, Cyril Ramaphosa a dénoncé des « actes criminels » commis sous couvert de « militantisme communautaire ». Le chef de l’État affirme que certains groupes s’arrogent illégalement des prérogatives réservées aux autorités, notamment le contrôle d’identité ou les fouilles de domiciles privés. « Une telle anarchie ne sera pas tolérée », a-t-il averti.
Dans son adresse, Ramaphosa reconnaît toutefois que l’immigration irrégulière exerce une pression croissante sur les services publics, le logement et le marché de l’emploi. Il estime que certains employeurs profitent d’une main-d’œuvre étrangère sans papiers, moins coûteuse, au détriment des travailleurs sud-africains.
Le président a rappelé que les autorités ont intercepté près de 450 000 tentatives d’entrée illégale durant le dernier exercice budgétaire grâce aux opérations de la Border Management Authority ( Autorité de gestion de la frontière) et de l’armée. Pretoria prévoit également le recrutement de 10 000 inspecteurs du travail afin de renforcer l’application des lois sur l’emploi et l’immigration.
Malgré ce durcissement, Cyril Ramaphosa a insisté sur le fait que son pays reste attaché à la solidarité africaine et à la protection des réfugiés. Il a rappelé que l’Afrique du Sud accueille des millions de visiteurs africains chaque année et continue de promouvoir l’intégration régionale depuis la fin de l’apartheid en 1994.
Le chef de l’État a finalement appelé citoyens et étrangers à respecter les mêmes lois, affirmant qu’« il n’y a pas de place pour la xénophobie, l’intolérance ou la violence » dans le pays.
Ce message intervient dans un contexte marqué par une recrudescence de manifestations anti-immigration dans plusieurs grandes villes comme Johannesburg et Pretoria. Elles sont déclenchées par des mouvements accusant les étrangers de concurrence sur les emplois et les services publics. Ces mobilisations ont parfois dégénéré en violences et intimidations visant des commerces et des migrants africains, provoquant des alertes diplomatiques de plusieurs pays.
Ezéchiel Dagbégnon PADONOU