Le Burkina Faso a interdit, mardi 5 mai 2026, la diffusion de la chaîne TV5 Monde. Les autorités accusent le média de manquements graves dans le traitement de l’information sécuritaire.
Le ton se durcit encore entre Ouagadougou et certains médias internationaux. Le Conseil supérieur de la communication (CSC) a annoncé la suspension de TV5 Monde, accusée de « désinformation » et « d’apologie du terrorisme » dans sa couverture des attaques jihadistes au Burkina Faso et au Mali.
Selon le régulateur burkinabè, plusieurs éditions du journal télévisé diffusées entre avril et mai 2026 contenaient des informations jugées contraires à l’éthique journalistique. Le CSC évoque des « manquements à la loi, à l’éthique et à la déontologie », notamment dans le traitement des attaques terroristes survenues récemment dans la région.
TV5 Monde n’en est pas à sa première sanction dans le pays. En 2024, la chaîne avait déjà été suspendue à deux reprises, notamment pour diffusion de propos jugés « tendancieux » ou contraires à la version officielle des autorités sur la situation sécuritaire.
Cette nouvelle sanction intervient dans un climat déjà marqué par des relations difficiles entre les autorités de transition et les médias étrangers. Depuis l’arrivée au pouvoir des militaires en 2022, plusieurs organes de presse locaux et internationaux ont été suspendus ou restreints. En 2023, plusieurs médias étrangers comme RFI, France 24 ou Le Monde ont aussi été interdits ou suspendus.
Liberté de la presse en question
Cette décision relance le débat sur la liberté de la presse au Burkina Faso. Certaines organisations de défense des droits humains estiment que ces mesures limitent l’accès à une information indépendante. De leur côté, les autorités affirment vouloir protéger l’opinion publique contre des contenus jugés dangereux pour la stabilité du pays.
Dans un contexte de lutte intense contre le terrorisme, la question du contrôle de l’information reste donc au cœur des tensions entre pouvoir et médias.
Ezéchiel Dagbégnon PADONOU