Lors d’une conférence-débat tenue samedi dernier, des intervenants ont dressé un réquisitoire sévère contre la gouvernance du président Patrice Talon, dénonçant une remise en cause progressive des acquis démocratiques et des droits socio-économiques des travailleurs.
Réunis samedi dernier à l’occasion d’une conférence-débat, plusieurs acteurs de la société civile et de la scène politique ont vivement critiqué l’évolution du système démocratique béninois depuis 2016. Au cœur des échanges se retrouve la question du droit des citoyens à choisir librement leurs représentants.
En effet, selon les intervenants, les tentatives de révision constitutionnelle de 2017, finalement avortées sous la pression populaire, auraient laissé place à une stratégie alternative fondée sur des réformes législatives. La loi de 2018 sur la charte des partis politiques est pointée du doigt pour avoir, selon eux, favorisé l’exclusion de l’opposition lors des législatives de 2019, conduisant à un Parlement entièrement acquis au pouvoir. Les réformes intervenues dans la désignation des maires après les communales de 2020, ainsi que celles concernant les chefs de village, ont également été dénoncées comme une confiscation du choix populaire. Les participants évoquent une centralisation accrue des décisions politiques, éloignant davantage les citoyens des processus de gouvernance locale.
Sur le plan électoral, les scrutins présidentiels et législatifs récents ont été jugés peu inclusifs. L’emprisonnement de figures politiques et les contraintes administratives imposées aux partis d’opposition ont été cités comme des facteurs limitant la compétition.
Les critiques se sont aussi étendues aux réformes socio-économiques. La loi de 2017 sur l’embauche, autorisant le renouvellement indéfini des contrats à durée déterminée, est accusée de précariser l’emploi. La restriction du droit de grève et la situation des enseignants contractuels ont également suscité de vives préoccupations.
Au terme des échanges, les participants ont appelé à un rééquilibrage des réformes afin de préserver les acquis démocratiques et améliorer les conditions de vie des travailleurs.
Gildas AHOGNI