Réunis en visioconférence ce samedi 25 avril 2025, des acteurs engagés du Bureau Central de Coordination (BCC) et de la diaspora béninoise ont dressé un tableau préoccupant de la situation des droits humains au Bénin. Entre surpopulation carcérale, allégations de torture et restrictions des libertés fondamentales, les participants appellent à une mobilisation urgente et structurée.
Le système carcéral béninois traverse une crise profonde. C’est le constat dressé par plusieurs intervenants, dont Maître Baparapé, lors d’une conférence-débat tenue ce samedi 25 avril 2026 consacrée aux droits humains. Au cœur des préoccupations on note une surpopulation carcérale devenue hors de contrôle et ses conséquences dramatiques.
En effet, selon les données avancées, les prisons béninoises, conçues pour accueillir environ 7 000 détenus, en compteraient aujourd’hui plus de 20 000. Un déséquilibre alarmant qui se traduit par des conditions de détention jugées inhumaines. À la prison d’Abomey-Calavi, prévue pour 750 détenus, plus de 4 000 personnes seraient entassées, illustrant à elle seule l’ampleur de la crise. Dans ces conditions, l’accès aux soins devient un luxe. Les détenus malades seraient insuffisamment pris en charge, aggravant leur état de santé. Le décès d’un étudiant, le 10 juillet 2024, retrouvé menotté à son lit, reste l’un des cas les plus marquants évoqués lors des échanges. Pour les participants, ce drame symbolise les dérives d’un système à bout de souffle.
Au-delà des conditions matérielles, les chiffres sur la mortalité en détention interpellent. Maître Baparapé évoque 46 décès enregistrés en seulement six mois. Un bilan lourd qui alimente les interrogations sur la responsabilité des autorités et le respect des droits fondamentaux des détenus. Dans ce contexte, certains dénoncent aussi des formes de torture plus discrètes, notamment psychologiques, exercées sur les détenus. Une pression constante qui s’ajoute à la promiscuité et à la précarité. Face à cette situation jugée critique, les appels à la réforme se multiplient. Les participants à la conférence plaident pour une amélioration urgente des conditions de détention, une réduction de la surpopulation carcérale et un meilleur respect des droits humains.
Pour eux, il en va non seulement de la dignité des détenus, mais aussi de la crédibilité de l’État de droit au Bénin. Sans action rapide, préviennent-ils, la crise carcérale pourrait continuer de s’aggraver, avec des conséquences humaines et sociales de plus en plus lourdes.
Gildas AHOGNI