Le Bénin enregistre une nette dégradation dans le classement 2026 de Reporters sans frontières. En perdant 21 places en un an, le pays illustre un recul préoccupant de la liberté de la presse, marqué notamment par des pressions accrues sur les journalistes.
Le constat est sans appel. Dans son rapport 2026, Reporters sans frontières (RSF) classe le Bénin à la 113ᵉ place sur 180 pays, contre la 92ᵉ en 2025. Une chute de 21 rangs qui s’accompagne d’une baisse significative du score global, passé de 54,60 à 47,39.
En effet, malgré un paysage médiatique jugé diversifié, RSF souligne une dégradation du climat d’exercice du journalisme. « La liberté de ton des journalistes a fortement diminué ces dernières années », note l’organisation, pointant également l’absence de grandes entreprises de presse viables comme facteur de fragilité du secteur. Dans le détail du classement, le Bénin se retrouve désormais derrière plusieurs pays africains, notamment le Burkina Faso (110ᵉ), la Guinée (111ᵉ) et le Nigeria (112ᵉ). Il reste toutefois légèrement devant des États comme les Philippines (114ᵉ), le Liban (115ᵉ) et Israël (116ᵉ).
Selon RSF, cette régression s’explique en grande partie par des atteintes directes à la liberté des journalistes, notamment la détention de deux d’entre eux. L’organisation dénonce aussi des pratiques jugées préoccupantes de la part des autorités. Le cas de Hugues Comlan Sossoukpè est particulièrement cité. Enlevé en Côte d’Ivoire puis extradé au Bénin en juillet 2025, il est depuis détenu, illustrant, selon RSF, une volonté de museler les voix critiques.
Ce recul relance le débat sur l’état des libertés publiques au Bénin, autrefois considéré comme un modèle démocratique en Afrique de l’Ouest.
Gildas AHOGNI