Depuis quelques jours, le dossier relatif à la détention du panafricaniste Kèmi Séba en l’Afrique du Sud continue avec ses vagues de rebondissements politiques et judiciaires. Pendant que le Bénin se plie à quatre pour une extradition du détenu selon le procureur spécial de la Criet, Mario Mètonou, la justice sud-africaine vient de prolonger le suspense en reportant le procès pour sa libération.
Selon les sources officielles, au terme de l’audience qui s’est tenue hier mercredi 29 avril 2026, la justice sud-africaine a repoussé au 11 mai 2026 l’examen de la demande de libération sous caution du panafricaniste Kemi Seba. Pendant que le Bénin met tout en œuvre pour son extradition, les juges sud-africains ont décidé de le maintenir en détention provisoire. De même, leparquet s’oppose à sa remise en liberté, l’accusant d’avoir planifié des attaques terroristes en Europe. Des chefs d’accusation qui ont été niées par Kèmi Séba au cours de l’audience selon ses avocats.
Cette nouvelle prolongation de la détention provisoire du prévenu ravive le débat sur l’extradition de l’individu tant souhaité par le Bénin pour répondre de ses actes. Au cours d’un point de presse, le procureur spécial de la Cour de répression des infractions économiques et du terrorisme, Mario Mètonou a affirmé avoir saisi les autorités judiciaires sud-africaines pour obtenir une arrestation provisoire de Kèmi Séba, sur la base de deux mandats d’arrêt internationaux. Cette démarche, précise-t-il, s’inscrit dans le cadre d’accusations graves : blanchiment de capitaux, incitation à la haine, apologie de crime, et implication présumée dans une tentative de déstabilisation des institutions de l’État. À
en croire le magistrat, la détention actuelle de l’activiste en Afrique du Sud découle donc directement d’une initiative béninoise, mais limitée à une demande d’arrestation provisoire en attendant d’éventuelles suites judiciaires. Une nuance importante, qui distingue juridiquement l’arrestation provisoire de la procédure formelle d’extradition. Néanmoins selon les observateurs de l’environnement juridique, cette nouvelle prolongation de la détention de Kèmi Séba par la justice sud-africaine vient de multiplier par le néant les propos du procureur spécial de la Criet qui faisait croire en quelque sorte que les autorités judiciaires de l’Afrique du Sud sont en étroite collaboration avec celles du Bénin.
Si c’était le cas, à cette heure, Kèmi Séba serait déjà sur le point d’être extradé. D’ailleurs, les juges sud-africains ne se penchent même pas sur le dossier relatif à l’extradition. Il faut rappeler que Kémi Seba a été interpellé en Afrique du sud mi avril pour séjour illégal dans le pays de Nelson Mandela. Son fils de 18 ans ainsi que le chef d’un groupe identitaire européen sont également en détention provisoire dans la même affaire.
Alassane Touré