Un climat de tension inhabituel s’est installé au sein des conseillers communaux du parti majoritaire Union progressiste le Renouveau dans la commune de Sèmè-Podji. Quelques semaines seulement après les élections communales du 11 janvier 2026 et l’installation officielle du conseil communal, la formation politique majoritaire se retrouve confrontée à une crise interne profonde, nourrie par des rivalités de leadership et des intérêts divergents.
Un profond malaise secoue le parti Union progressiste le Renouveau. Après avoir gagné la confiance des populations dans les urnes, la formation politique présidée par Joseph Djogbénou n’arrive toujours à désigner les chefs des six arrondissements de la commune et les présidents des commissions. À l’origine de la brouille, deux figures influentes du parti au plan local. D’un côté, le député à l’Assemblée nationale et coordonnateur communal du parti, Hyppolite Hazounmè. De l’autre, l’ancien député, Charlemagne Honfo. Selon plusieurs militants, les deux leaders n’ont jamais véritablement accordé leurs violons depuis des années bien qu’appartenant au même parti politique. Les différends, longtemps cachés, ont fini par éclater au grand jour à l’occasion de la mise en place des organes dirigeants du conseil communal. Après l’installation du maire Thomas Singbo et de ses adjoints, une séance a été programmée le lundi dernier pour procéder à la désignation des chefs des six arrondissements ainsi que des présidents des différentes commissions techniques. C’est à ce moment précis que les tensions ont atteint leur seuil.
Des choix contestés
D’après des indiscrétions recueillies auprès de militants, le camp de Charlemagne Honfo aurait tenté d’imposer ses choix pour occuper certains postes stratégiques notamment l’arrondissement d’Êkpê qui revenait à Mathieu Sahui selon les choix du camp Hazounmè. Des propositions qui, visiblement, ne font pas l’unanimité au sein du groupe des conseillers Up le Renouveau. Certains estiment que les profils avancés ne répondent ni aux critères d’expérience ni aux attentes des populations. D’autres dénoncent une volonté hégémonique visant à verrouiller les instances de décision au niveau communal. En face, le camp de Hyppolite Hazounmè rejette toute logique d’imposition et appelle à une concertation plus inclusive. En réalité, cette guerre clanique ne date pas d’aujourd’hui. Les relations entre Hyppolite Hazounmè et Charlemagne Honfo ont, de l’avis de plusieurs observateurs de la vie politique locale, toujours été marquées par une méfiance réciproque. Les joutes électorales passées et les batailles de positionnement interne auraient laissé des cicatrices jamais refermées. Aujourd’hui, ces divergences prennent une tournure plus préoccupante, car elles impactent directement la gouvernance locale et l’image du parti dans la commune.
Une médiation en vue
Cette crise fragilise incontestablement l’Union progressiste le Renouveau à Sèmè-Podji et bloque le processus de désignation des chefs d’arrondissement et des responsables de commissions. De sources concordantes, une séance de médiation est prévue ce jour en présence du président du parti, Joseph Djogbénou. La rencontre devrait être élargie aux coordonnateurs d’arrondissement afin de trouver un terrain d’entente et dégeler la situation. Les rumeurs font état d’une probable reprise de toutes les désignations, à l’exception du poste de maire déjà acté. Une option qui, si elle se confirme, pourrait permettre de repartir sur de nouvelles bases et de restaurer un semblant de cohésion. Reste à savoir si cette médiation suffira à éteindre définitivement les rivalités personnelles qui minent le parti ou si la crise laissera des séquelles durables dans la gestion communale. Pour l’heure, à Sèmè-Podji, l’heure n’est plus à la célébration post-électorale, mais à la gestion d’une crise interne dont l’issue demeure incertaine.
Mohamed Yèkini