Le Niger a officiellement engagé la procédure de retrait de la Cour pénale internationale (CPI). En déposant une notification auprès des Nations unies, le pays devient le premier membre de l’Alliance des États du Sahel (AES) à formaliser juridiquement une décision annoncée depuis plusieurs mois.
Le gouvernement nigérien a transmis lundi une lettre au secrétaire général des Nations unies pour notifier son retrait du Statut de Rome, le traité fondateur de la Cour pénale internationale basée à La Haye. Cette démarche marque le début du processus légal de sortie de la juridiction internationale, qui ne deviendra effective qu’au terme d’un délai de douze mois.
Dans sa notification, Niamey accuse la CPI de pratiquer une « justice sélective » et estime que l’institution s’est éloignée de sa mission initiale de lutte contre l’impunité. Les autorités nigériennes considèrent que la Cour est devenue un instrument au service d’intérêts politiques extérieurs plutôt qu’un organe impartial de justice internationale.
Cette officialisation intervient après l’annonce conjointe faite en septembre 2025 par le Niger, le Burkina Faso et le Mali de leur intention de quitter la CPI. Les trois pays de l’AES avaient alors dénoncé une institution qu’ils qualifiaient d’« instrument de répression néocoloniale ». Toutefois, jusqu’à présent, aucune notification officielle n’avait été déposée auprès de l’ONU, condition indispensable pour déclencher la procédure de retrait.
La CPI a exprimé son regret face à cette décision, rappelant que la lutte contre les crimes de guerre, les crimes contre l’humanité et les génocides repose sur une coopération internationale forte. La Cour souligne également que les faits commis avant l’entrée en vigueur du retrait continueront de relever de sa compétence.
Signataire du Statut de Rome en 1998 et État partie depuis 2002, le Niger tourne ainsi une page importante de sa coopération judiciaire internationale, dans un contexte de redéfinition de ses partenariats diplomatiques et sécuritaires. Il rejoint ainsi plusieurs pays africains comme l’Éthiopie, le Soudan, le Sud-Soudan, le Maroc ou l’Égypte, qui ne sont pas membres de l’organisation juridique onusienne.
Ezéchiel Dagbégnon PADONOU