À peine deux mois après avoir quitté le palais de la Marina, Patrice Talon effectue un retour sur la scène politico-institutionnelle. Élu premier président du Sénat, l’ancien chef de l’État retrouve une position stratégique au sommet de l’appareil d’État.
Considéré comme le principal artisan de la réforme constitutionnelle ayant conduit à la création du Sénat, Patrice Talon est aujourd’hui vu comme celui qui aura non seulement porté le projet, mais également pris les commandes de l’institution. Un acte politique fort qui marque son retour au premier plan après un retrait de seulement quelques semaines. Pour bon nombre, cette élection traduit le fait que Patrice Talon ne veut pas disparaître du paysage politique.
Bien qu’il ait quitté les fonctions présidentielles au profit de Romuald Wadagni, l’ancien locataire de la Marina conserve désormais un rôle institutionnel de premier ordre. À la tête du Sénat, il participera aux grandes orientations de la vie publique, dans un contexte où cette chambre est appelée à jouer un important rôle législatif. Il est clair que Patrice Talon n’était manifestement pas prêt à s’éloigner durablement du pouvoir politique, car il aurait décliné le choix de ses collègues sénateurs s’il avait souhaité prendre une véritable distance avec les affaires publiques.
Son acceptation de cette responsabilité est traduite comme la volonté de demeurer un acteur central de la gouvernance publique. Une chose est donc certaine. Le retrait de Patrice Talon de la scène politico-institutionnelle aura été de très courte durée. Après avoir transmis le pouvoir exécutif à Romuald Wadagni, l’ancien président retrouve déjà une fonction de premier plan, cette fois au sein du pouvoir législatif. Son influence continue ainsi de s’exercer, mais sous une autre forme.
Alassane Touré