J’ai décidé de partager cette information avec la nation.
Elle provient d’une déclaration d’un homme d’État, Candide Azannaï, président du mouvement Restaurer l’Espoir et l’un des principaux artisans de l’élection du président Patrice Talon en 2016.
Nommé ministre de la Défense, Azannaï a partagé avec sincérité sa conviction en 2016 avec l’un de ses collègues ministres, dont je tairai le nom, lors d’une mission en Côte d’Ivoire, à quelques mois de l’arrivée de la Rupture au sommet de l’État, il déclara :
« Cher collègue, j’ai la conviction que le Bénin aura du mal à avoir un président de la République comme Yayi en termes d’honnêteté, de démocratie et d’amour pour le pays.»
Ma source d’information est très fiable. C’est également mon point de vue.
Entre 2006 et 2011, le président Boni Yayi était un véritable démocrate. La paix, la démocratie, la sécurité et la prospérité partagée constituaient les piliers de son action. Au-delà du Bénin, son leadership international était reconnu.
Fort de ses qualités, ses pairs l’ont porté à la présidence de l’Union africaine en 2012, fonction qu’il a exercée avec conviction et honneur lors des sommets de l’Union africaine ainsi que d’autres rencontres internationales du G7, du G20 et d’organisations telles que la CEN-SAD, l’UEMOA, les PMA, etc.
En raison de ses qualités, il a même présidé une commission sur la démocratie et l’État de droit au sein des Nations Unies.
Je confirme que cet homme d’État n’a jamais changé d’idéal en matière de démocratie, de paix, de sécurité, de gouvernance, d’intégrité et de développement.
Sous la présidence du pays, YAYI était un véritable artisan de la paix. On l’a vu partout intervenir dans les foyers de tension et des conflits électoraux et postes électoraux : Côte d’ivoire , Burkina, Mali, Guinée Bissau, Ghana, Sierra Léone, Erythrée, Somalie, Soudan etc. Médiateur ou superviseur des élections dans le continent ( Guinée Conakry, Cap-vert, Sénégal, Guinée Equatoriale etc. Il a toujours prôné la Paix pour le développement.
Ses interventions dans les Parlements Nationaux ( Japon, Angola … etc.) au titre du continent sur la Démocratie et le développement inspiraient force, détermination et admiration.
Le président Yayi a servi au sommet de notre République avec honnêteté, sans rien réclamer à l’État béninois. Aucun salaire, aucune liste civile, aucun avantage personnel ne lui a été versé. Il n’a arraché, ni pour lui-même ni pour sa famille, aucune société d’État ni aucun patrimoine appartenant à l’État béninois durant les dix années de sa présidence. Il ne possède aucun compte bancaire à l’étranger ni aucun studio hors de son pays.
Aucun prisonnier politique n’a été enregistré. La paix et la sécurité régnaient au Bénin ainsi qu’avec les pays voisins. Aucune frontière n’a été fermée au cours des deux mandats constitutionnels du président Yayi.
Dans sa volonté de laisser le Bénin en paix en 2016, le président Boni Yayi a organisé des élections transparentes, validées par la communauté internationale. Il n’a pas cherché à imposer par l’appareil d’Etat, le candidat qu’il soutenait lors de cette élection présidentielle compétitive de 2016.
Il a paisiblement transmis le pouvoir à l’un de ses plus farouches opposants, déclaré élu par notre Cour constitutionnelle.
Ce rappel me permet de confirmer que, dans son amour pour le pays, le président Boni Yayi s’est investi dans la préservation de l’édifice démocratique né de la Conférence nationale de 1990 à travers les FCBE puis Les Démocrates (LD). Avec sa présence, ces deux formations ont marqué la vie politique démocratique de notre pays.
Malheureusement, l’environnement politique, dès après 2016, a progressivement été marqué par la destruction de l’édifice démocratique de 1990 au profit d’un système politique unipolaire. Peu à peu, la démocratie et l’opposition ont été affaiblies au profit d’un pôle politique dominant, favorable aux nouveaux dirigeants de la Marina.
Le président Boni Yayi, l’un des garants de notre démocratie issue de 1990, ne saurait accepter un tel virage de la vision démocratique, surtout lorsqu’un tel changement a été imposé par un seul homme, en dehors d’un environnement des Assises Nationales des forces politiques du pays et du peuple..
Fidèle à son idéal de sauvegarder pour le Bénin une gouvernance politique, économique et sociale démocratique et transparente, le président ne peut être favorable à ce qui est appelé un accord de coalition entre la mouvance présidentielle et l’opposition, notamment avec le parti Les Démocrates.
Le président Yayi a partagé sa vision au Conseil national du parti LD, qui l’a adoptée. Il n’y a jamais eu de décision prise par une coordination nationale régulièrement constituée et disposant du quorum qui ait rejeté cet idéal démocratique pour notre pays.
Telle est sa conviction.
Selon cette analyse, les accords de coalition conduisent à une monopolisation de la vie politique à l’image du parlement et des institutions de la république monocolores, compatible avec une gestion opaque du pouvoir au profit d’un clan. Avons-nous une idée de tout ce qui se passe au parlement monocolore actuellement ?
Aujourd’hui, tous les postes de responsabilité de la République, tant dans nos institutions que dans nos administrations, sont nommés. Il n’existe pratiquement plus de fonctions reposant sur une véritable légitimité populaire. ( Chefs du quartier, conseillers à la Mairie, Maire, Préfet, Député, Commissaires de police… etc.
Le Bénin en est arrivé à cette situation avec la complicité du pouvoir et des forces internes qui continuent de travailler à l’affaiblissement et à la destruction de l’opposition, notamment du parti Les Démocrates (LD).
Les acteurs politiques animés par un esprit de destruction sont connus. Leurs méthodes et leurs moyens d’action sont également connus.
Les épreuves qu’a traversées ce pays n’ont jamais amené le président Boni Yayi à renoncer à ses idéaux ni à son engagement pour le Bénin. Il continue d’œuvrer dans ce sens et, même à un âge avancé, il ne changera pas de conviction, tout en demeurant attaché à la préservation de la paix dans le pays.
Il n’a trahi aucun militant. Au contraire, il a maintenu le parti dans la ligne politique qui a toujours été celle du parti LD laquelle inspire une légitimité populaire à l’image de sa popularité au sein du parti comme au sein de la population. Il est resté fidèle à cette orientation jusqu’au moment où, selon sa conviction, le parti a franchi la ligne rouge idéologique, la compromission pour la démocratisation de notre chère patrie commune. L’exclusion de LD de la présidentielle et des élections générales a véritablement endeuillé le pays.
Au cours des dix dernières années, marquées par les persécutions, les humiliations et les injustices, il a consenti de nombreux sacrifices pour le pays. Ces sacrifices ont contribué, selon ses partisans, à préserver la paix nationale.
Boni Yayi n’a trahi personne au sein du parti Les Démocrates et ne saurait capituler de sa conviction. Il demeure attaché à son idéal de restauration de la flamme démocratique héritée de la Conférence nationale de 1990.
L’écart observé entre cet idéal et certaines orientations récentes auraient conduit le parti à dépasser les limites de son propre projet politique. L’environnement juridique et constitutionnel actuel, perçu comme favorable à une concentration du pouvoir, a piégé une partie de la classe politique.
Trahi par ce dérapage de certains dirigeants du parti, Boni Yayi a choisi de quitter LD par conviction idéologique et non sous la pression des chars et blindés du pouvoir.
Boni Yayi demeure un homme d’État qui a profondément marqué la vie politique du Bénin par son engagement en faveur de la paix, de la démocratie, de la sécurité, de la bonne gouvernance et du développement.
Pour beaucoup de béninois, il reste l’une des personnalités politiques les plus populaires de l’histoire contemporaine du Bénin et mérite, à ce titre, respect et considération.
Le pouvoir, soutenu par les forces politiques regroupées autour du slogan « Tout le monde dans le rang ou nous sommes ensemble », a contribué à affaiblir la démocratie et le dialogue politique, mettant à mal le vivre-ensemble au Bénin.
Dans cette perspective, Boni Yayi a quitté le parti Les Démocrates (LD) au moment qu’il jugeait opportun, face à la volonté de certains hauts responsables de rejoindre, à leur manière, la dynamique politique du mouvement « Tout le monde dans le rang ou nous sommes ensemble ».
Selon cette analyse, le parti Les Démocrates, tel qu’il avait été conçu dans son idéal et sa vision politique originelle, n’existerait plus véritablement. Le nouveau cadre légal et constitutionnel, associé à la logique du slogan « Tout le monde dans le rang ou nous sommes ensemble », se serait imposé avec la participation ou la compromission de certaines autres forces politiques, qui en paieraient aujourd’hui le prix.
Pendant ce temps, un silence remarquable s’observerait au sein des anciens présidents des institutions de la République.
Boni Yayi se sent trahi par ce qu’il considère comme une dégradation progressive de l’édifice politique hérité de 1990 et par la volonté supposée d’un clan de conserver durablement le pouvoir au profit de son chef.
Que fera alors l’homme du changement de 2006 à 2016 ?
Partisan de la paix et de la non-violence, Boni Yayi demeure, pour beaucoup de ses sympathisants, une figure politique majeure dans nos villes et campagnes. Son influence, sa popularité et son rayonnement international continuent de dépasser les frontières du Bénin.
Le Président Boni YAYI ne serait-il pas en train de souffrir de la tension socio-politique dans laquelle le pays est plongé ? Dans ses propos, il a toujours appelé à un véritable dialogue politique qui réunirait toutes les filles et fils de notre patrie commune. Ce qui requiert la libération sans condition des prisonniers politiques et le retour à la mère patrie des exilés politiques. Le dégel de cette situation est indispensable.
Dr Cyprien.B. DEGBELO