Le 23 mai 2026, Romuald Wadagni prêtait officiellement serment et prenait les rênes du pays devant des milliers d’invités, devenant ainsi le successeur de Patrice Talon à la magistrature suprême. Trente jours plus tard, le nouveau président de la République semble déjà avoir imprimé sa marque à la gestion des affaires publiques, donnant raison aux plus de 90 % des électeurs qui lui ont accordé leur confiance lors de l’élection présidentielle.
Du 24 mai au 24 juin 2026, le chef de l’État a multiplié les initiatives et les décisions visant à concrétiser les engagements pris durant sa campagne électorale. En seulement un mois, plusieurs mesures sociales majeures ont été annoncées et saluées par de nombreux citoyens. Parmi elles figure la gratuité de la scolarité des filles de la classe de sixième jusqu’en terminale, une réforme qui ambitionne de renforcer l’accès à l’éducation. Le gouvernement a également dévoilé diverses mesures d’accompagnement en faveur des producteurs agricoles afin de soutenir la production nationale et d’améliorer les conditions de vie dans les zones rurales.
Dans le secteur de la santé, la prise en charge des urgences dans les hôpitaux publics constitue l’une des décisions les plus remarquées de ce début de mandat. À cela s’ajoutent plusieurs actions destinées à améliorer les conditions d’étude des apprenants, notamment l’acquisition de bus flambant neufs mis à la disposition des étudiants. Sur le plan diplomatique, Romuald Wadagni a vite pris le taureau par les cornes. Le président béninois a entrepris une importante tournée régionale qui l’a conduit dans plusieurs capitales ouest-africaines. En quelques jours seulement, il a effectué des visites de travail au Nigéria, au Niger, au Burkina Faso, au Mali, en Côte d’Ivoire, au Togo, au Sénégal et en Guinée-Bissau. À chacune de ces étapes, les discussions ont porté sur le renforcement des relations bilatérales, la coopération économique, la sécurité régionale ainsi que les échanges commerciaux.
Cette offensive diplomatique a notamment permis de relancer le dialogue avec certains partenaires stratégiques. La perspective d’une réouverture prochaine de la frontière entre le Bénin et le Niger, fermée depuis quelques années, apparaît comme l’un des résultats les plus attendus. Une avancée qui pourrait contribuer à la relance des échanges économiques entre les deux pays et soulager de nombreux opérateurs économiques. En quelques semaines, Romuald Wadagni a ainsi réussi à séduire une partie importante de l’opinion publique grâce à une gouvernance marquée par la célérité des décisions et une vision résumée par son slogan : « Bénin d’abord ».
Cette approche, qui place les intérêts nationaux au cœur de l’action gouvernementale, semble trouver un écho favorable auprès des populations. Toutefois, si ce premier mois de gestion est jugé prometteur, le chef de l’État demeure attendu sur plusieurs chantiers hérités de son prédécesseur. Les questions liées à l’emploi des jeunes, au pouvoir d’achat, à certaines infrastructures et à la poursuite des réformes structurelles restent au centre des préoccupations des citoyens.
Mohamed Yèkini