Ouvert le 20 juin à Bürgenstock, en Suisse, le premier cycle de négociations entre les États-Unis et l’Iran s’est achevé le 22 juin sur plusieurs avancées diplomatiques et économiques. Les discussions visaient à transformer le mémorandum d’entente conclu entre Washington et Téhéran en un accord plus durable pour la stabilité du Moyen-Orient.
Trois jours après le report de la cérémonie officielle de l’« Islamabad Memorandum of Understanding », en raison de la recrudescence des violences entre Israël et le Hezbollah au Liban, les délégations américaine et iranienne se sont finalement réunies en Suisse pour lancer le premier cycle de négociations directes.
La délégation américaine était conduite par le vice-président JD Vance, accompagné de l’émissaire spécial Steve Witkoff. Côté iranien, les discussions ont été menées par le ministre des Affaires étrangères Abbas Araghchi. Le Pakistan et le Qatar ont joué un rôle central dans la médiation, tandis que la Suisse assurait l’accueil et la facilitation des échanges.
À l’issue des discussions, plusieurs mesures ont été confirmées. Selon Abbas Araghchi, « la médiation infatigable du Pakistan et du Qatar a permis d’obtenir des progrès majeurs pour mettre fin à la guerre du Liban ». Le chef de la diplomatie iranienne a également annoncé que « les exportations de pétrole et de produits pétrochimiques sont exonérées, le blocus est levé, certains avoirs gelés ont été libérés, et un grand plan de reconstruction et de développement a été lancé pour l’Iran ».
Washington a de son côté salué les avancées enregistrées sur le dossier nucléaire. « Hier était un jour très très bon. Nous avons fait beaucoup de bons progrès. Les Iraniens ont accepté d’inviter à nouveau les inspecteurs de l’AIEA dans leur pays », a déclaré le vice-président JD Vance.
Malgré ces progrès, plusieurs sujets sensibles demeurent non résolus. Les États-Unis réclament toujours des garanties renforcées concernant le programme nucléaire iranien, tandis que Téhéran souhaite obtenir une levée plus large et plus rapide des sanctions économiques.
Les deux parties ont toutefois convenu de poursuivre les négociations à travers trois groupes de travail consacrés au nucléaire, aux sanctions et à la sécurité régionale. Un délai de soixante jours a été fixé pour tenter d’aboutir à un accord définitif.
Si aucun traité n’a encore été signé, ce premier cycle marque la reprise d’un dialogue direct entre deux adversaires historiques et ouvre une nouvelle phase diplomatique dont les répercussions pourraient dépasser largement le Moyen-Orient.
Ezéchiel Dagbégnon PADONOU